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Gramat (46) : L’usine aux 1 million et demi de canards

Ces palmipèdes sont abattus et transformés chaque année à Gramat par la Coopérative agroalimentaire Capel. Et maintenant, dans un des départements les moins peuplés de France, l’entreprise Bioquercy veut y implanter une unité de méthanisation pour traiter 47 000 tonnes de déchets organiques par an…

Problème : les 1,5 million de canards n’en fourniront que 20 %. Alors, pour faire tourner la boutique, Bioquercy veut faire venir des cinq départements limitrophes du fumier, du lisier, des boues de stations d’épuration, des déchets d’industrie agro-­alimentaire… convoyés à Gramat par 5 000 camions par an. Bruit, pollution, nuisances olfactives, encombrement des routes 24h/24, travaux de renforcement des routes et ponts sur fonds publics, et au niveau économique, seulement 2 ou 3 emplois créés et une vente d’électricité qui rapportera uniquement à la société Fonroche !

À la sortie de l’usine, du « digestat » : 45 000 tonnes par an, contenant de l’azote, mais aussi des métaux lourds, des résidus de médicaments, d’anti­biotiques... Il est prévu de répandre ce « digestat » dans les prés, les champs et sur le Causse, sur les terres de 72 exploitations dans un rayon de 30 km autour de Gramat. Les sols karstiques de la région étant extrêmement perméables, les nappes phréatiques apprécieront ! Les études hydrogéologiques n’ont pas été rendues à temps… Mais de toute façon, le décret préfectoral définissant la zone d’épandage ne les a pas prises en compte.

 Un tour de passe-passe

Le tout a été décidé et programmé en catimini, sans aucune publicité auprès des populations concernées qui, du coup, n’ont pas participé à l’enquête préalable.

Ce qui aurait pu passer au début pour une idée pas trop bête, avec un bel alibi de transformation énergétique – produire de l’énergie avec des déchets locaux (si on fait abstraction de la nature de ces déchets) – se transforme une fois de plus en tour de passe-passe où les populations locales subissent et ne décident pas.

Un comité anti-usine de méthanisation est en train de prendre forme et une pétition est en ligne[ici].

Commission nationale écologie


Texte de la pétition sur change.org adressée à la Préfète du Lot, Mme Catherine Ferrier

 Non à l’usine de méthanisation "d’intérêt régional" sur le causse de Gramat !

par les habitants de Gramat, France

Nous, citoyens lotois, soucieux de la préservation du causse, demandons à Madame la Préfète, de ne pas donner son accord pour l’exploitation, de cette usine de méthanisation surdimensionnée pour le LOT, au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy (PNRCQ).

Ce projet a été monté discrètement, en accord avec la commune de GRAMAT et le PNRCQ, sans concertation avec les citoyens, alors qu’il bénéficiera de subventions publiques. L’enquête publique s’est déroulée du 18 juillet au 19 août 2016, alors que la majorité des habitants étaient en vacances. Les deux numéros du journal communal « le courrier de Gramat » précédant l’enquête publique n’ont pas annoncé la tenue de cette enquête. La réunion « sur invitation » du 26/10/2016, a été initiée pour calmer quelques riverains de Gramat alors que le CoDERST (conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques présidé par la préfète) avait déjà eu lieu.

Ce projet démesuré menace notre environnement et notre santé. Il est prévu de traiter, jusqu’à 64 000 tonnes/an de déchets provenant du Lot mais aussi des départements limitrophes. Pourquoi ne pas privilégier plutôt des petites unités de méthanisation à la ferme ? En revanche le digestat obtenu (47 000 tonnes), devrait être épandu uniquement sur 4 500 ha de Causse. Plus facilement lessivable que les autres amendements, il polluera les nappes phréatiques peu profondes et les eaux souterraines qui alimentent les captages en eau potable. Le sol Karstique des causses est vulnérable aux infiltrations des polluants par les fissures et par les ruissellements qui pénètrent dans les pertes. Il est anormal que les dernières études hydrogéologiques demandées par l’Agence Régionale de Santé et réalisées en 2013 et 2015 n’aient pas été prises en compte dans le plan d’épandage parce que « non opposables » d’un point de vue juridique.

Risque de pollution de l’eau mais aussi de l’air, le bureau d’étude engagé par le maître d’ouvrage indique que la cheminée du moteur de cogénération doit faire 27 m réglementairement pour une dispersion maximale (le digesteur fait 23 m), mais est missionné pour réaliser son étude de risque avec une hauteur de 10m. Qu’allons-nous encore découvrir dans les études de dangers et d’impacts ? Quels contrôles et par qui sur les intrants ? Les mesures de sécurité pour les risques « d’explosion » et « d’incendie » ont-elles aussi été contournées au mépris des salariés travaillant à proximité du site ?

Ce projet qui n’apporte rien à nos communes, 2 ou 3 emplois pour gérer toute l’usine et les quatre sites de stockage, met en péril notre qualité de vie et le patrimoine du parc naturel régional des causses du Quercy.

Pour entrer en contact avec les initiateurs de la pétition :
methanisation.gramat@gmail.com

Voir en ligne : Site du NPA national

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017