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Un projet politique écosocialiste

C’est le même système capitaliste qui creuse les inégalités (8 hommes possèdent à eux seuls autant que les 3,7 milliards d’êtres humains les plus pauvres), qui, en constituant une classe ouvrière mondiale, met en concurrence les travailleur•euse•s du monde entier ce qui lui permet non seulement de peser sur l’emploi et les salaires mais de détruire l’ensemble des services publics, des protections et droits sociaux arrachés par les mobilisations, qui renforce et remodèle l’oppression des femmes pour s’approprier leur travail gratuit et invisibilisé.

Dans le même temps, ce même système accélère le bouleversement climatique (épisodes de sécheresses, inondations, tempêtes), la destruction de la biodiversité, la pollution de l’air (1/8 des décès dans le monde, 48 000/an en France), de l’eau et des sols, la disparition et l’épuisement des terres cultivables… pour imposer ces dégradations de nos conditions de vies, les politiques liberticides, autoritaires, racistes sont de plus en plus agressives. C’est aussi un système qui transforme les relations humaines, les relations au monde et la perception de nous-même sur le modèle entrepreneurial.

Les politiques (et politiciens) les plus réactionnaires (racistes, sexistes, homophobes, climato-sceptiques) de l’extrême-droite et de la droite-extrême offrent une expression trompeuse au ressentiment et à la peur du déclassement face à cette mondialisation néo-libérale destructrice.

La reconstruction d’une expression politique et d’une force organisée des exploité•e•s et des opprimé•e•s est la seule riposte possible et non « le moindre mal » libéral. Une telle force doit être porteuse d’un projet politique émancipateur qui soit en mesure de répondre aux différentes urgences, sociales, écologiques, féministes, démocratiques, humanitaires et humaines, auxquelles l’humanité est confrontée et de fédérer celles et ceux qui se mobilisent dans les différents mouvements.

Elle doit porter une critique du système qui permette d’exprimer la souffrance sociale, la souffrance au travail ou de l’exclusion, les préoccupations sur la santé, l‘avenir…, le sentiment qu’il n’y a pas d’issue dans un monde de plus en plus violent et dangereux et pas de sens dans un travail aliéné sans qualité, dans une course à la production et à la consommation.

L’accumulation du capital est en réalité une accumulation de forces de plus en plus destructives contre les « deux seules sources de toute richesse : la Terre et le travailleur•euse »

La contradiction n’est pas seulement entre le capital et le travail (salarié) mais entre le capital et la vie.

Une contradiction rendue de plus en plus aiguë par l’augmentation des conflits armés et par les « réponses » capitalistes de la géo-ingénierie => actualité de l’alternative écosocialisme ou barbarie !

La catastrophe n’est pas pour la fin du siècle, elle est déjà là ! (Réfugié•e•s, inondations, sécheresse…) Et même des mesures radicales prises tout de suite mettront longtemps avant de faire effet.

L’écosocialisme est à la fois un projet de civilisation, une stratégie de lutte et un programme.

Notre écosocialisme est internationaliste et féministe.

Deux impératifs incontournables :

  • la nécessité d’un programme anticapitaliste de transition à élaborer en tenant compte des contraintes écologiques, dès maintenant, sans les renvoyer à l’après-capitalisme ni chercher des solutions miracles ; => dire la vérité : nécessaire réduction de la production matérielle et des transports
  • l’impossibilité de réaliser ce programme dans son ensemble autrement que par la mobilisation, l’action directe et auto-organisée, des exploité•e•s et des opprimé•e•s. Ce qui nous impose de travailler à la convergence des luttes d’émancipation à leur intersectionnalité.

Mais nous nous heurtons à un problème de taille : au niveau international, le rôle d’avant-garde dans les luttes environnementales est joué par les peuples indigènes, les mouvements paysans et la jeunesse. D’une manière générale, les femmes sont en première ligne dans ces trois secteurs. C’est ce qui se vérifie en France contre les GPII.

La majorité du mouvement syndical est à l’arrière-garde, soit sur la ligne de la « transition juste » de collaboration de classe avec le projet du « capitalisme vert » (la CSI et également certaines des grandes ONG environnementales : Greenpeace, WWF…), soit tenté par le climato-négationnisme dans l’illusion d’éviter ou freiner ainsi la destruction de l’emploi dans les secteurs fossiles. Rares sont parmi eux les secteurs qui participent activement aux luttes environnementales.

Notre stratégie écosocialiste prend appui sur les exigences portées par les mobilisations pour satisfaire les besoins sociaux réels dans le respect des contraintes environnementales. Des revendications qui, ensemble, forment un tout cohérent, incompatible avec le fonctionnement du système capitaliste et posent la question du pouvoir politique dans la société, et jettent un pont vers un changement social radical (à la racine).

Pour prendre le mal à la racine : nécessité d’en finir avec la production de valeur d’échange, de marchandises inhérente au capitalisme et de lui substituer la production de valeurs d’usage pour les besoins sociaux, démocratiquement déterminés dans le respect prudent des équilibres écologiques

Nous prenons comme point de départ nos priorités, nos vies :

  • Du temps libre pour la démocratie, le partage des tâches domestiques, l’art et la culture… pour prendre soin les un•e•s des autres et du monde.
  • « À chacun selon ses besoins » => services publics et gratuité pour assurer accès et égalité pour satisfaire les besoins sociaux essentiels (santé, éducation, énergie, transports, eau…) ; et dans le même temps interdiction de la publicité et lutte contre l’obsolescence programmée pour en finir avec le gaspillage et la course à la consommation.
  • Partage des richesses : abolition de la dette et réforme fiscale radicale ; les moyens de vivre dignement pour tou.te.s (salarié•e•s, privé•e•s d’emplois, jeunes, retraité•e•s) par la continuité du salaire payée par les cotisations patronales (c’est-à-dire en modifiant le partage salaires/profits)

Répondre à ces exigences en respectant les contraintes écologiques => Rupture / travail, propriété, démocratie :

    • En finir avec le chômage en refusant le mythe de la croissance salvatrice, combattre la précarité et la « répartition » anarchique, inégalitaire et sexiste du temps de travail : réduction collective et radicale du temps de travail avec embauche et sans perte de salaire ; travailler pour produire ce qui est utile et non des marchandises obéissant à la loi du profit => créations massive d’emplois socialement utiles dans des services publics pour la mise en œuvre de la transition écologique, pour les soins aux personnes, dans l’agriculture paysanne bio…
    • Empêcher les capitalistes de nuire : expropriation des banques, des secteurs clés à commencer par l’énergie, l’eau, les transports, la distribution… ; interdiction des licenciements, protection (continuité du salaire et de tous les droits sociaux) et reconversion collective des salarié•e•s des secteurs des productions inutiles ou nuisibles (de l’armement au nucléaire en passant par les engrais chimiques) ;
    • Rompre avec l’idée dominante que l’économie, les marchés sont incontournables. Mettre au centre la planification démocratique, donc l’anticipation, la délibération, les choix sociaux et politiques. Prendre les moyens de décider de ce qui doit être produit et comment par la socialisation sous le contrôle des salarié•e•s et des usager•e•s, une logique du commun, de gestion ouvrière et citoyenne, de l’autogestion…

CNE

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017