Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Environnement, climat > Environnement > Particules fines. Pic de pollution ou pollution chronique : ne pas s’y (...)

Particules fines. Pic de pollution ou pollution chronique : ne pas s’y habituer !

Il suffit qu’un anticyclone s’attarde un peu, que le vent refuse d’assurer le service de nettoiement, et l’état de dégradation de l’air apparaît au grand jour. Les particules fines piégées sur le pays ont déclenché l’épisode de pollution le plus long, le plus intense, en hiver depuis 10 ans…

L’alerte, avec son cortège de recommandations, ne doit pas être banalisée. La qualité de l’air que nous respirons continuera à se dégrader si des mesures drastiques ne sont pas prises rapidement.

 Les particules fines, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des polluants infimes liés aux activités humaines (chauffage, circulation, agriculture, industrie…) qui se mesurent en micromètres. D’un diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10 : le diamètre d’un cheveu) ou inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5 : la taille d’une bactérie), ces particules pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire et autres organes, et augmentent les risques d’affections cardiovasculaires et de cancers du poumon.

Ainsi, selon une étude de Santé publique France, elles retirent deux ans d’espérance de vie, ou pire, sont responsables de 48 000 décès par an.

 Allo tonton, pourquoi tu tousses ?

Dans certaines villes, les services de l’État ont donc mis en place la circulation alternée – inefficace, arbitraire, trop limitée par trop de dérogations – et ont recommandé l’utilisation des transports en commun qui, pour l’occasion, étaient gratuits. Tiens, tiens ! Dans ce cas, pourquoi ne pas financer la gratuité toute l’année, si elle permet de diminuer l’utilisation de la voiture, puisque l’on sait que la pollution chronique est aussi dangereuse que les pics de pollution ?

Le NPA ne cesse de le dire : la gratuité des transports en commun est une mesure possible économiquement, indispensable écologiquement. Pour la financer, il suffit de transférer les crédits servant à construire routes, autoroutes, rocades, viaducs, parcmètres, parkings… sur les modes de déplacement moins émetteurs de particules et de CO2, donc moins nocifs.

 Décréter l’état d’urgence… climatique !

Alors que l’état d’urgence sécuritaire vient encore d’être prolongé, rien de sérieux n’est fait pour promouvoir un état d’urgence climatique et humanitaire. Il faut stopper les projets inutiles : échangeurs, kilomètres de routes, de viaducs, d’autoroutes ou aéroports prétendument indispensables au développement économique.

L’urgence, c’est de renverser la vapeur ! Tout pour le transport fluvial et ferroviaire (ce qui implique le refus du dépeçage de la SNCF par transfert des compétences aux régions), reconversion écologique de l’industrie automobile, transports collectifs gratuits... Dans le domaine de l’habitat (construction, chauffage), il est urgent d’imposer un plan de rénovation et d’isolation pour diminuer l’impact sur l’environnement. De même dans l’agriculture, grande émettrice de CO2 et de particules (engrais, pesticides), la reconversion vers l’agrobiologie est à privilégier. Il faut arrêter des productions aussi inutiles que nuisibles (la publicité, l’armement, le nucléaire) et rapprocher les lieux de production des lieux de consommation.

 Sortir du tout-voiture !

Le scandale des moteurs diesel montrait comment, au-delà du groupe Volkswagen, toute l’industrie automobile européenne dépassait les normes de pollution qu’elle était censée appliquer, cela avec la complicité de la Commission européenne et des différentes administrations nationales. Ainsi, l’ONG Transport et environnement a divulgué des résultats jamais contestés.
La triche des constructeurs automobiles avec les « normes » est de notoriété publique. Ces normes sont le résultat de négociations secrètes entre pouvoirs publics et industriels, un compromis entre la capacité des firmes automobiles à réduire la pollution et la préservation de leur rentabilité financière. Pourtant l’industrie automobile pourrait être reconvertie pour fabriquer autre chose : des bus, des trains, des éoliennes…

La voiture électrique n’est pas une solution. En France où l’électricité est à 75 % d’origine nucléaire, la voiture électrique ne peut pas être appelée « voiture propre ». Les déchets nucléaires, les batteries, c’est propre ça ? Dans le meilleur des cas, un véhicule électrique a une autonomie de 200 km, cela sans parler de son bilan carbone qui n’est intéressant qu’à partir de 60 000 km. Et elle ne peut être une solution pour les ruraux qui, faute de transports collectifs suffisants, sont obligés de se déplacer en voiture.

 Ne les laissons pas décider pour nous !

Toutes ces questions doivent être discutées par la population, producteurs, consommateurs et usagers. Les gouvernants sont inaptes car leurs schémas de développement passent forcément par les énergies fossiles, l’épuisement des ressources naturelles et la croissance à tout prix. Représentant les grandes firmes, ils sont disqualifiés pour régler l’urgence climatique. Ne comptons que sur nous-mêmes et sur nos mobilisations.

Commission nationale écologie

Répondre à cet article

SPIP 3.1.4 [23444] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le mercredi 31 mai 2017