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Lannion (22)  : L’extraction des sables, « Nann trugarez » (« Non merci ») !

Entretien. Dans la baie de Lannion (Côtes d’Armor), un projet d’extraction de sables menace l’environnement marin. Nous avons rencontré Patrice Desclaud de l’association « Eau et rivières », opposant et expert militant.

Peux-tu nous dire quel est le problème ?

Il s’agit de l’extraction de sable coquillier d’une dune sous-marine dans la baie de Lannion par la CAN (Compagnie armoricaine de navigation), filiale du groupe Roullier, groupe multinational basé à Saint-Malo, avec des filiales dans l’agroalimentaire, doté d’un solide carnet d’adresse et d’utiles amitiés politiques, comme Le Drian...

Avec nos associations environnementales, les élus et les pêcheurs, nous combattons ce projet soutenu par des agriculteurs qui disent en avoir besoin. Selon nous, l’étude environnementale a été bâclée. Aucune recherche sérieuse sur le lançon, dont plusieurs variétés abondent sur le site, nous l’avons prouvé. Et puis des doutes subsistent sur la destination du sable extrait : on nous annonce un usage local pour l’agriculture qui est avéré, mais que des pratiques agricoles différentes pourraient diminuer nettement, et quand nous avons « pisté » le sable extrait par la CAN (via le suivi en ligne des navires), nous en avons trouvé la trace à Rotterdam, en partance pour l’Allemagne... Il est clair que la logique industrielle de court terme, qui vise pour le groupe Roullier à retirer le maximum de profit de cette extraction, prend le pas sur une logique environnementale de long terme que nous peinons à imposer.

Qui a pris la responsabilité politique de permettre l’extraction ?

La demande de la CAN date de la fin 2009. Depuis, il y a eu plusieurs ministres de l’Environnement et de l’Industrie, mais c’est Emmanuel Macron qui a donné son accord en 2015. Certes, la quantité accordée est moins importante que celle demandée (250 000 tonnes par an sur 15 ans au lieu de 400 000 tonnes par an sur 20 ans). Certes une période d’interruption annuelle a été décidée pour la période estivale (alors que les études environnementales montrent qu’il faudrait suspendre en hiver pour préserver la faune !). Mais le décret est paru en septembre de la même année, suivi de 3 arrêtés préfectoraux que nous avons contestés. Et malgré les déclarations de Ségolène Royal, malgré les recours, l’exploitation a débuté en septembre dernier.

Quelles perspectives pour votre mobilisation ?

Les opposants sont organisés dans plusieurs associations, notamment « Le Peuple des dunes » et « Eau et rivières » dont je fais partie. Plusieurs manifestations ont regroupé des milliers d’opposants. Tous les élus ont pris position contre le projet, parmi lesquels Corinne Erhel, députée socialiste de Lannion… maintenant engagée auprès de Macron ! Des parts de dune ont été vendues symboliquement, clin d’œil aux GFA du Larzac et de Plogoff. La prochaine manifestation prévue est un Fest-noz le 15 avril à Plestin-les-Grèves. Dans le même temps, les recours juridiques se poursuivent, et nous cherchons à faire annuler le décret autorisant l’extraction. Cette question se pose à tous les candidats à la présidentielle, et ­Philippe Poutou a déjà confirmé son opposition à ce décret.

Voir en ligne : Hebdo L’Anticapitaliste - 376 (23/03/2017)

P.-S.

Propos recueillis par Vincent Gibelin
Crédit Photo : Sauvons notre sable. DR

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017