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Perturbateurs endocriniens : Pourquoi ils polluent, rendent malade et tuent... pour longtemps encore

S’il fallait encore démontrer la puissance et la criminalité des grands groupes de l’industrie chimique, il suffirait de se pencher sur les perturbateurs endocriniens (PE).

En 2013, un rapport commun de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du PNUE indiquait que près de 800 produits chimiques sont connus ou soupçonnés d’interférer avec le système hormonal humain. Les PE sont multiples – Bisphénol A, pesticides, parabens, phtalates... – et présents partout : emballages alimentaires, cosmétiques, produits d’entretien, textiles imperméables ou anti-taches, jouets, ustensiles et appareils électroménagers... Les intérêts capitalistes en jeu sont énormes... les effets sur notre santé aussi !

En se fixant sur les organes à la place des hormones qu’ils imitent, les PE perturbent le fonctionnement du système endocrinien qui régule les principales fonctions de notre corps (croissance, puberté, température corporelle, faim, sommeil, libido, rythme cardiaque...). Ils sont responsables de nombreuses maladies : cancers du sein, du testicule, de l’ovaire ou de la prostate, troubles neurologiques, diabète, obésité, puberté précoce, troubles de la fertilité...

Pourtant, alors que les «  critères d’identification » des PE auraient dû être adoptés en décembre 2013, le 28 février, la Commission européenne a une nouvelle fois renoncé à en fournir une définition, condition préalable à toute réglementation/interdiction.

Manufacture du doute

Pour l’OMS, la définition des PE est simple et claire : « une substance ou un mélange exogène possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact chez ses descendants ou au sein de sous-populations ». Il en va tout autrement au niveau de la Commission européenne où le lien entre les PE et les «  effets indésirables sur la santé humaine  » devrait être « prouvé  », avec un niveau de preuve extrêmement élevé : la démonstration de l’effet, du mode d’action et de relation de causalité entre les deux. Derrière la revendication de «  critères scientifiques », les entreprises de l’industrie chimique fabriquent le doute pour repousser toute entrave à leur droit à empoisonner. Des dérogations concernant les pesticides ont aussi été obtenues par Bayer, BASF et Syngenta.

Tous s’activent autour et au sein des institutions européennes. La plus grosse organisation de lobbying européenne est le Cefic (Conseil européen de l’industrie chimique) qui représente 28 000 entreprises chimiques européennes, avec un budget annuel de 40 millions d’euros et plus de 150 employés. Ourdissent à ses côtés l’ECPA (European crop protection association) et Crop Life International à l’échelle mondiale pour les pesticides (Monsanto, Dupont, Dow Chemicals), l’American Chamber of Commerce et l’American Chemistry Council, pour les industriels étatsuniens.

Plus que jamais, « Nos vies, pas leurs profits !  »

Commission nationale écologie

Voir en ligne : Hebdo L’Anticapitaliste - 374 (09/03/2017)

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017