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Poutou2017. Réponses au questionnaire de Codever.

Codever (Collectif de défense des loisirs verts)

Villeneuve sur Yonne, le 21 mars 2017

Monsieur Philippe Poutou,

vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Notre association souhaite faire connaître à ses adhérents votre point de vue sur les activités qu’ils pratiquent.

Les deux premières questions concernent tous les usagers de la nature et des chemins. Les deux dernières parlent en particulier des loisirs verts motorisés.

Ces sujets peuvent au premier abord paraître secondaires par rapport à des thèmes comme l’emploi ou la sécurité.

Néanmoins, les loisirs verts s’appuient sur une liberté publique essentielle, la liberté de circuler, bien souvent mise à mal de nos jours, en particulier pour les adeptes des loisirs verts motorisés. Ces activités permettent en outre à des centaines de milliers de personnes et à leurs familles de s’aérer et de se changer les idées, ce qui est important, pour ne pas dire vital, compte-tenu du caractère déprimant de l’actualité.

Nous vous serions donc très reconnaissants de répondre à ces quatre questions.

Vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez notre démarche, je vous prie de recevoir, Monsieur Philippe Poutou, l’expression de mes sincères salutations.

Pour le CODEVER France,
Edyth Quincé, Présidente


 

Au-delà des questions que vous soulevez, votre lettre d’accompagnement elle-même pose plusieurs problèmes. À commencer par le nom de votre collectif « Collectif de défense des loisirs verts ». Sous le terme de « loisirs verts » vous semblez uniquement vous soucier des loisirs motorisés…

Contrairement à ce que vous dites, la 1e question ne concerne que les loisirs motorisés. Il est en effet tout à fait possible de se promener à pied dans les zones protégées et pour beaucoup d’entre elles aussi à cheval ou en vélo.

La liberté de circuler que vous invoquez ne veut évidemment pas dire qu’on peut faire n’importe quoi n’importe où. Les piétons ne peuvent pas utiliser les autoroutes et les quads ne sont pas bienvenus dans les Parcs nationaux ! Ces restrictions n’entravent absolument pas la liberté de circuler, telle qu’elle est définie par la Déclaration des droits de l’Homme.

Il est quand même ironique que vous défendiez le droit des familles à s’aérer et de se changer les idées en utilisant des véhicules motorisés, alors que le bruit et la pollution empêche tous les autres usagers et les habitants des espaces naturels d’en profiter.

Pour conclure, la lutte contre le réchauffement climatique nous oblige à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Notre programme prévoit une sortie rapide des énergies fossiles et donc une baisse du nombre de véhicules motorisés particuliers et en priorité des véhicules non indispensables.

Si vous voulez découvrir la nature, nous vous conseillons une randonnée, une vraie, et vous en rappelons le sens étymologique : course longue.

 Question n°1 – la sanctuarisation de la nature

Si vous êtes élu, mettrez-vous fin à la politique de « mise sous cloche » des espaces ruraux ?

Depuis 35 ans, notre pays se couvre d’une multitude grandissante et interconnectée de zonages protecteurs : Parcs Nationaux, Parcs Naturels Régionaux, Aires Marines Protégées, réserves naturelles, Natura 2000, SCAP, ZICO, ZPS, ENS, ZNIEFF 1 & 2, classement Biotope, trames vertes et bleues, corridors biologiques…

Certes, protéger la nature, sauvegarder la biodiversité, préserver les terroirs, sont autant d’objectifs nobles que nous partageons volontiers.

Malheureusement, un principe essentiel a été oublié ou exclu : l’homme est au cœur de la biodiversité. Il en résulte une sanctuarisation galopante de nos espaces ruraux avec pour conséquence l’exclusion de nombreuses activités de loisirs verts, notamment motorisées.

Nous ne partageons pas du tout votre analyse des politiques de protection des espaces naturels. Nous pensons que la France manque singulièrement de zones réellement protégées et contrairement à ce que vous avancez, elles sont très mal connectées, du fait de l’urbanisation des territoires, des infrastructures de transports… De plus certains zonages que vous citez, à commencer par les Parcs naturels régionaux, n’interdisent absolument pas les véhicules motorisés.

Placer l’Homme au cœur de la biodiversité est une bien étrange conception de la biodiversité. Faut-il vous rappeler que l’Homme est à l’origine de la 6e extinction massive des espèces et donc de la perte massive actuelle de biodiversité ?

 Question n°2 – la mise en danger des usagers des chemins

Seriez-vous prêt à faire voter avant la fin de 2017 une loi imposant l’utilisation de dispositifs de fermeture non dangereux aux propriétaires souhaitant fermer les voies de passage leur appartenant ?

Depuis décembre 2004, nous avons recensé 43 victimes de chaines, câbles ou barbelés disposés en travers des chemins : 10 décès et 33 blessés (1 décès et 13 blessés depuis 2012). Et encore, il ne s’agit là que des accidents portés à notre connaissance.

Deux propositions de loi ont déjà été déposées dans le passé pour combler un vide juridique qui laisse toute liberté aux propriétaires ou gestionnaires pour clôturer des chemins par des dispositifs dangereux, invisibles ou mal signalés. Cette problématique est juridiquement simple, dépourvue de couleur politique, et dotée d’un enjeu vital (des vies à sauver). Par conséquent, l’adoption d’une nouvelle législation pourrait se faire très rapidement. Il faut simplement de la volonté et un court créneau dans le calendrier parlementaire…

Si évidemment, nous ne souhaitons la mort de personne, nous trouvons tout de même votre présentation très biaisée. Par exemple vous listez 10 décès en 13 ans, alors qu’il y a eu 13 morts en quad pour la seule année 2010 pour des raisons autres que les dispositif de fermeture.

Les chemins privés appartiennent pour la plupart à des agriculteurs qui essaient de protéger leurs chemins des engins motorisés de loisir. Les engins motorisés occasionnent des dégâts considérables sur les chemins de terre (ornières) que les propriétaires doivent réparer à leur frais. Quant aux chemins ruraux, la plupart des communes n’ont pas les moyens d’assumer l’entretien courant…

Les conducteurs de quad, de motos ou de 4x4 ne participent pas à l’entretien des chemins privés alors qu’ils n’hésitent pas à y passer même quand les chemins sont détrempés.

 Question n°3 – concilier la protection de la nature et le développement du tourisme

Si vous êtes élu, confierez-vous la question de l’accès à la nature et du développement du tourisme « vert » non plus au seul Ministère de l’Ecologie, mais à tous les ministères concernés : Tourisme, Sport, Agriculture, Aménagement du territoire… ?

Depuis une vingtaine d’années, les politiques de développement du tourisme « vert » font la part belle – nous devrions dire exclusive – aux activités de randonnée non motorisée. De ce fait, les adeptes de la randonnée motorisée subissent discrimination et exclusion. Ceux-ci se voient en effet interdire par principe l’usage de milliers de kilomètres de chemins ruraux. Pourtant, les activités et les impôts de ces citoyens comme les autres contribuent à la sauvegarde de ce patrimoine commun et génèrent une activité économique locale non négligeable.

Non, nous laisserons la question de l’accès à la nature au seul Ministère de l’écologie que nous trouvons déjà bien trop inféodé aux intérêts capitalistes. Quant à l’affectation des impôts, votre raisonnement est spécieux : les personnes sans voiture paient l’entretien des routes ; les personnes sans enfant paient pour l’Éducation nationale, etc. De plus les engins motorisés, loin de sauvegarder le patrimoine des chemins ruraux, les détériorent.

 Question n°4 – la reconnaissance d’un interlocuteur légitime

Êtes-vous prêt à intervenir afin que le Codever soit enfin reconnu comme l’interlocuteur officiel des pouvoirs publics pour tous les sujets relatifs aux loisirs verts motorisés ?

Après trente ans d’activité, le Codever est reconnu dans ce secteur, comme l’organisme le plus représentatif des loisirs verts motorisés, loisirs qui échappent à la tutelle des fédérations sportives du fait de leur pratique libre et sans affiliation obligatoire.

Pourtant, la reconnaissance officielle du Codever bute depuis plus de vingt ans sur le sectarisme du Ministère de l’Environnement alors que les loisirs verts motorisés à 2, 3 ou 4 roues motrices génèrent plusieurs milliers d’emplois et des activités économiques d’encadrement et d’accueil, majoritairement dans la France rurale. Ces activités représentent même une part de marché primordiale dans les secteurs de la vente de véhicules et d’équipements, la réparation et la fabrication avec les préparateurs et constructeurs nationaux comme Sherco.

Non, nous ne sommes pas favorables à ce que le Codever soit reconnu comme interlocuteur officiel des pouvoirs publics. De nombreuses activités de loisir non motorisée sont tout aussi créatrices d’emplois sans détruire l’environnement et sans empêcher les autres usagers de profiter de la nature.

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017