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Poutou2017. Réponses au questionnaire du collectif guyanais « Or de Question »

Madame, Monsieur,

Le 22 février dernier, le collectif guyanais Or de Question, appuyé par 6 ONG nationales, disait non à la méga-mine d’or industrielle en Guyane. Depuis, ce sont plus de 120 000 personnes qui ont soutenu individuellement cet appel. La société civile internationale est fortement mobilisée et ce sont désormais 105 organisations originaires de 25 pays qui demandent à l’Etat français l’arrêt immédiat du projet « Montagne d’or » porté par les sociétés canadienne et russe, Columbus et Nordgold, ainsi qu’un moratoire sur tout projet de méga-mine industrielle d’or dans cette région.

Vous trouverez un complément d’information ainsi que la liste des organisations signataires ici : http://www.isf-systext.fr/node/934.

La France, organisatrice de la COP 21 en 2015, a pris des engagements pour agir concrètement contre le réchauffement climatique en valorisant des activités économiques qui respectent les impératifs d’un développement durable. Elle devrait donc refuser l’implantation sur son territoire de méga-mines d’or industrielles qui menacent si fortement l’environnement et la santé humaine, d’autant qu’elle ne dispose ni d’un code minier contraignant sur ces aspects, ni d’un organisme institutionnel de contrôle et de surveillance dédié.

Notre mouvement est composé d’organisations œuvrant dans des domaines variés : protection de l’environnement, droit humains, respect des Peuples Autochtones, ingénierie, agriculture et souveraineté alimentaire… Toutes sont reconnues pour leur travail en France et à l’international, en particulier en Amérique Latine, dans des pays voisins de la Guyane, où plusieurs méga-mines d’or se trouvent au cœur de graves conflits humains et sociaux. Parmi eux, citons ici l’Uruguay qui demande un moratoire sur la méga-mine métallique et le Salvador qui vient de voter l’interdiction de tout nouveau projet minier.

Quelle crédibilité aurait notre pays à donner des leçons d’écologie aux pays en développement, à l’économie fragile, mais qui ont le courage de se lever face à des multinationales minières pour garantir l’accès à une eau et à des sols non pollués à sa population, lorsque nous ouvrons une mine d’or titanesque au cœur de l’Amazonie, poumon de la planète ?

Nous appelons les candidats aux élections présidentielles et législatives de 2017 à soutenir publiquement notre demande et à s’engager à mettre en application l’arrêt de projet « Montagne d’or » et le moratoire demandés, dès leur prise de fonction, s’ils sont élus.

Nous vous invitons donc a nous faire part de votre position sur ce dossier en nous écrivant a l’adresse contact-guyane@isf-systext.fr.

Le mouvement citoyen et militant que nos 105 organisations, nationales et internationales, représentent sera vigilant sur l’application effective de ses demandes et le respect des engagements pris par la France.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’accepter nos salutations respectueuses.

Ingénieurs sans frontières - Systèmes extractifs et environnements
Au nom des 105 organisations signataires


 

Tout d’abord nous tenons à rappeler que nous considérons que la Guyane, comme les autres territoires ultramarins, est une colonie et que les Guyanais•es, qu’ils soient Noirs marrons ou Indiens d’Amazonie, doivent pouvoir s’autodéterminer. Comme le mouvement social actuellement en cours en Guyane le montre, la France exploite la Guyane. Ce n’est pas pour rien que le collectif à la tête de ce mouvement s’est nommé « Pou Lagwiyann dékolé ». Nous considérons donc que c’est aux Guyanaises et aux Guyanais de décider comment protéger la forêt amazonienne de Guyane, qui est une des forêts tropicales la mieux préservée au monde.

Pour répondre plus précisément à votre question, nous sommes totalement opposés à ce projet de mine d’or gigantesque pour plusieurs raisons :

  • En premier lieu pour protéger un milieu naturel exceptionnel avec une biodiversité qui n’existe nulle part ailleurs. Ce projet prévoit une excavation monstrueuse et le broyage de centaines de millions de tonnes de roche pour extraire l’or convoité. Nous condamnons aussi l’orpaillage clandestin, mais les dégâts causés par cette mine seraient à une toute autre échelle. De plus il faudrait construire des infrastructures de transport, d’énergie en plein forêt tropicale.
  • La dépense énergétique serait faramineuse.
  • Les Guyanais n’auraient rien à en tirer. La société canadienne Columbus Gold ne sert que de paravent à la société russe Nordgold dont le bilan en terme de violation des droits de l’Homme est catastrophique dans les autres pays où elle opère.
  • Nous sommes opposés à l’extractivisme et à tous les méga-projets miniers dont la seule finalité est de permettre aux multinationales minières de s’enrichir et au système capitaliste de perdurer.
  • L’or n’a qu’une faible valeur d’usage, il est principalement utilisé en bijouterie et pour les contacts électriques en électronique.

Vous invoquez la COP 21, mais nous n’avons jamais cru aux engagements pris par la France ou les autres pays signataires de cet accord qui n’a rien de contraignant. Ce type de projet ne fait que confirmer que la grande messe de 2015 n’était qu’un paravent pour cacher l’inaction des gouvernements et l’absence de volonté politique à essayer de limiter au maximum la catastrophe climatique en cours.

Pour conclure, au-delà d’un moratoire, nous souhaitons que tous les projets miniers soient interdits au sein de la forêt tropicale amazonienne de Guyane. Nous combattons le capitalisme vert et refusons de donner une valeur monétaire à la nature et aux services qu’elle nous rend, mais en tout état de cause, ce réservoir exceptionnel de biodiversité, cette part du poumon vert qu’est l’Amazonie ont plus de valeur que tout l’or du monde.

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017