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Poutou2017. Réponses au questionnaire de Terre écos

1. Quel est selon vous le premier défi que doit relever l’agriculture française dans les prochaines années ?

L’agriculture est face à de nombreux défis d’ordre environnementaux. Mais le premier défi n’est pas celui d’une profession mais de la société. Nous n’acceptons pas que des agriculteurs se suicident, nous n’acceptons ni les salaires ni les conditions de travail de l’agroindustrie.

À l’aune des dangers qui menacent les équilibres écologiques de la planète, il est difficile d’établir une hiérarchie d’autant que les problèmes sont le plus souvent liés. Il ne s’agit pas non plus de donner une nouvelle injonction à l’agriculture française : sauver la planète après que l’on lui a demandé d’éradiquer la faim dans le monde. Mais l’agriculture est une des clés pour ralentir le réchauffement climatique, arrêter la perte catastrophique de biodiversité.

L’agriculture doit cesser d’être émettrice de gaz à effet de serre (engrais azotés, transport, chimie), au contraire elle peut et doit séquestrer du carbone dans les sols en pratiquant une agriculture qui respecte la vie du sol. Il y a autant de carbone dans les 20 premiers centimètres de sol que dans toute l’atmosphère. Or les terres arables ont perdu plus de la moitié de leur carbone, il faut donc inverser cette tendance. Pour que les terres puissent devenir des puits de carbone, il faut que la vie puisse s’y développer : c’est un cycle vertueux puisqu’on sait que le réchauffement climatique est un facteur aggravant de la crise de la biodiversité, les plantes vivant dans des sols vivants et en bonne santé sont elles-même en bonne santé et sont beaucoup plus riches en nutriments.

2. Quels sont les points clés de votre programme à l’élection présidentielle pour développer une agriculture respectueuse de l’environnement ?
  • Réorientation de la recherche pour qu’elle ne soit plus au service des multinationales de la chimie ou des semences mais qu’elle permette aux paysans de nourrir la population sans avoir recours à la chimie
  • Réorientation des aides vers les paysans vertueux d’un point de vue environnemental avec un plafonnement en nombre de hectares
  • Permettre l’accès à la terre des jeunes paysans en interdisant la spéculation, en réformant la SAFER
  • Encourager les semences paysannes et supprimer les brevets et autres copyrights
  • Interdiction des intrants chimiques : biocides et engrais
  • Interdiction de toutes les PGM quelle que soit la méthode de modification des gènes
  • Réduction de l’irrigation en grandes cultures
  • Interdiction des cultures sous serres chauffées
  • Fin des élevages industriels, respect du bien-être animal et réduction de la consommation de viande
  • Mise au pas de l’agroindustrie
  • Autonomie alimentaire au plus près des populations
  • Redonner une place centrale aux arbres (agroforesterie, haies, bosquet)
  • Finalement, même s’il ne s’agit pas d’environnement stricto sensu, les conditions de travail et la santé des travailleurs agricoles ou de l’agroindustrie sont au cœur de notre programme.
3. Quelle place souhaiteriez-vous donner aux agriculteurs dans les territoires ruraux et urbains ?

Les territoires ruraux ne peuvent pas survivre sans les paysans. On constate aujourd’hui les conséquences de l’industrialisation de l’agriculture et de l’élevage et de la chute concomitante du nombre d’agriculteurs : désertification accélérée des territoires, fermeture des services publics (éducation, santé, poste, transports, etc.), disparition des commerces… L’agriculture a le potentiel de créer des centaines de milliers d’emplois d’une part en réduisant la taille des exploitations et en permettant à des jeunes de s’installer et d’autre part en revenant à une agriculture moins dépendante de la chimie et des machines mais qui requiert plus de main-d’œuvre.

En tournant le dos à des dizaines d’années d’exode rural, cette politique permettra de revivifier les campagnes, de redonner vie aux villages en utilisant le bâti existant.

Quant aux territoires urbains, nous souhaitons la re-localisation des cultures, en particulier maraîchères, au plus près du lieu de consommation, soit carrément dans les villes soit en recréant des ceintures maraîchères autour des villes. L’artificialisation des terres doit cesser. Les nouveaux projets ne doivent pas être réalisé au détriment des terres agricoles.

Plutôt qu’opposer citadins et ruraux, des liens doivent être tissés entre eux : l’alimentation et l’environnement sont l’affaire de tou•te•s. Les paysans ne peuvent pas relever tous ces défis sans le soutien et la confiance de la société.

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Mis à jour le mardi 14 novembre 2017