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Poutou2017. Réponse à la lettre des enfants des victimes des essai nucléaires

Bonjour,

Je suis la fille d’un vétéran des essais nucléaires dans le Sahara. Mon père, par chance et contrairement à beaucoup de vétérans, n’est pas ou peu malade.

Ce qui n’est pas le cas de ses enfants et petits-enfants… Nous multiplions les problèmes de santé comme les malformations congénitales, les maladies rares, les maladies du sang, les maladies auto-immunes, les infections à répétition, les fausses-couches, etc.

Je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes nombreux en France à partager ce lourd héritage des essais nucléaires.

Ces pathologies sont liées à l’irradiation des gonades de nos pères ou mères. C’est transgénérationnel. Pour compliquer le tout, il est aussi possible que les manifestations de ces altérations de l’ADN sautent une génération.

Vous comprenez bien du coup que ce problème ne se limite pas aux descendants de victimes du nucléaire, c’est un problème de santé public. Mes enfants peuvent effectivement se mettre en couple et décider d’avoir des enfants à leur tour avec des membres de votre famille, sait-on jamais ?
Actuellement, un seul organisme s’intéresse à notre cas, c’est l’OBSIVEN. Il souhaite diligenter une grande étude épidémiologique pour prouver la prévalence de certaines maladies chez les descendants de victimes du nucléaire. Pour que vous ayez une idée de l’importance de cette étude de santé, je vais vous donner un chiffre tiré d’une enquête sur les enfants et petits-enfants de vétérans anglais : 70% d’entre eux présentent une ou plusieurs maladies lourdes affectant leur quotidien et/ou sont en situation de handicap !

Le souci auquel est confronté l’OBSIVEN est le manque de fonds. Une telle étude coûte 100 000 €.

Je vous sollicite donc pour vous informer d’une part, mais surtout pour connaître votre position sur ce sujet et si une intervention de votre part est envisageable.

De plus, en complément de l’action menée par nos parents, nous allons sensibiliser les médias afin que l’opinion publique puisse enfin évaluer l’étendue des problèmes rencontrés.

Je transmettrai bien entendu votre réponse à tous les enfants de victimes du nucléaire avec lesquels je suis en contact.

En notre nom à tous, je vous remercie d’avance.

Céline Houdoin
(En charge des enfants de victimes du nucléaire - Pôle santé de l’AVEN)


Je vous remercie pour votre lettre. Vos questionnements concernent en réalité deux problématiques :

  1. Les habitants proches des sites nucléaires (centrales électronucléaires EDF, usines nucléaires CEA & AREVA civiles ou militaires et centres de stockage ANDRA) ; il n’y a aucune raison de faire le distinguo entre les enfants et les autres : le NPA s’est toujours prononcé pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire justement pour les problèmes de santé publique que vous évoquez (qui existent en situation "normale" et a fortiori en cas d’accident nucléaire) et en tant que candidat je défends devant les électrices et électeurs cette même position ;
  2. Les travailleurs du nucléaire civil ou militaire exposés en connaissance de cause et le plus souvent à leur insu, notamment des entreprises sous-traitantes, dont les doses sont souvent minimisées pour pouvoir continuer jusqu’à atteindre leur limite annuelle autorisée par la loi ; le nombre de travailleurs "jetables" ne pouvant pas augmenter de façon illimitée, la seule façon de résoudre ce problème est soit d’augmenter les débits de dose légaux soit d’arrêter le nucléaire : le NPA se prononce pour la deuxième solution - la seule réaliste - et en tant que candidat je défends aussi devant les électrices et électeurs cette même position.

Pour pouvoir mener à bien une étude épidémiologique sérieuse sur le sujet, qui est indispensable en regard des enjeux de santé publique, le NPA exige la levée du secret civil et militaire (confidentiel défense et secret défense) sur les affaires liées de près ou de loin au nucléaire civil et militaire, notamment le libre accès à toutes les bases de données, qui doivent être mises à disposition des chercheurs et médecins, dans le cadre d’un véritable service public de santé. J’ajoute enfin que la nocivité des faibles doses de rayonnements ionisants ne doivent pas être ignorées et qu’à ce titre elles doivent également faire partie des études épidémiologiques.

Bien cordialement,

Philippe Poutou

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Mis à jour le mercredi 19 avril 2017