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Poutou2017. « Le loup, l’ours et le lynx révèlent notre capacité ou incapacité à maintenir la biodiversité »

Réponses de Philippe Poutou et du NPA au questionnaire de l’association FERUS sur les grands prédateurs, la biodiversité et l’élevage.

FERUS est une assocation nationale de protection des trois grands prédateurs qui vivent en France : ours, loups et lynx. FERUS milite pour la cohabitation prédateurs/pastoralisme qui est possible en France, comme dans de nombreux pays européens. La prise en compte des intérêts particuliers du pastoralisme et des intérêts généraux et collectifs de la préservation de la biodiversité sont le fondement de l’action de FERUS.

Dans le cadre des élections présidentielles 2017, notre association FERUS, ainsi que ses nombreux adhérents et sympathisants, souhaiterait connaître votre position concernant la protection de la biodiversité en général et celle des grands prédateurs en particulier.


Parmi les questions d’écologie qui concernent la planète et l’humanité, l’une des plus graves et des plus mal traitées est celle de l’effondrement de la biodiversité.

Question 1 : Le thème de la biodiversité fera-t-il partie des priorités de votre campagne, puis de votre action si vous êtes élu ?

Nous considérons que le maintien de la biodiversité est l’ « assurance vie » de l’humanité. De fait, notre programme écosocialiste place la protection de notre environnement au centre de nos préoccupations. Si le réchauffement climatique est sans doute la menace qui nous préoccupe le plus, la pollution généralisée et l’effondrement de la biodiversité sont tout aussi catastrophiques. Mais ces thématiques sont évidemment liées, car la biodiversité est directement affectée par le réchauffement climatique, la pollution, l’artificialisation des terres, le morcellement des zones naturelles.


La préservation de la biodiversité exige que soient protégés les grands prédateurs, dont le rôle est décisif dans le maintien des équilibres naturels.

Question 2 : Si vous êtes élu, cette affirmation sera t-elle un des objectifs de votre quinquennat ?

Il nous paraît réducteur de limiter la préservation de la biodiversité à celle des grands prédateurs. Pour ne prendre qu’un exemple, la disparition de nombreux insectes et autres pollinisateurs est tout aussi catastrophique. Le rôle décisif des espèces ne peut pas être uniquement déterminé par la taille des espèces ou à leur rôle dans la chaîne alimentaire. Cela dit, il ne fait aucun doute que les grands prédateurs (qui ne se limitent pas aux grands mammifères, on pense par exemple aux rapaces ou aux requins) jouent un rôle essentiel dans les équilibres naturels. Les prédateurs (renards, loups, lynx, fouine, martre…) font le « travail » de régulation (dite « descendante » par les scientifiques) plus efficacement et (pour moins cher !) que les humains.


L’association Ferus prend notamment la défense des trois plus grands et plus précieux prédateurs de France métropolitaine : l’ours, le loup et le lynx.

Question 3 : Êtes-vous d’accord pour affirmer que l’ours, le loup et le lynx sont nécessaires sur le territoire national, et que le devoir des responsables politiques est de les y maintenir ?

Le rôle de ses prédateurs est double : toutes les espèces vivent en lien les unes avec les autres et sont donc précieuses, y compris celles qui peuvent nous paraître comme nuisibles. Mais en ce qui concerne les grands prédateurs, ils jouent un rôle emblématique en ce qu’ils mettent en évidence notre capacité ou incapacité à maintenir la biodiversité sur notre territoire. À ce sujet, nous sommes attentifs au fait que les scientifiques (Muséum national) viennent de lancer une alerte sur le risque de disparition du loup en France si on continue la politique désastreuse de tirs.


Les prédateurs en général, mais surtout les trois grands cités ci-dessus, font l’objet de mesures de protection, tant nationales qu’européennes. La France a ratifié la Convention de Berne et est soumise à la directive européenne « Habitats » qui leur donne un statut d’espèce « strictement protégée ».

Question 4 : Ferez-vous strictement respecter ces lois de préservation ?

Oui

Question 5 : Vous engagez-vous à n’entreprendre ou à ne favoriser aucune démarche qui viserait à déclasser lesdits prédateurs de ce statut protecteur ?

Oui

Question 6 : Mettrez-vous tout en œuvre pour lutter contre le braconnage, si répandu dans notre pays, et dont les dégâts sont énormes ?

Si le braconnage, historiquement, a permis aux opprimés, aux sans-terre de se nourrir, cela n’est plus le cas aujourd’hui. C’est essentiellement la pratique de personnes qui chassent illégalement sans besoin alimentaire. Nous y sommes donc opposés. Nous ne pouvons évidemment pas reprendre la formule « mettre TOUT en œuvre » mais prendrons les mesures appropriées et proportionnées.

Question 7 : Allez-vous mettre un terme à l’actuelle campagne d’abattage (dite avec hypocrisie « de prélèvement ») des loups, campagne aussi injustifiée qu’inutile, voire contre-productive.

Oui


La cohabitation entre les grands prédateurs et les activités humaines constitue un enjeu et un défi de taille pour nos sociétés modernes.

Question 8 : La prédation des troupeaux doit être limitée au maximum : allez-vous enfin imposer aux éleveurs de protéger efficacement leurs troupeaux en ne délivrant des indemnités qu’à condition que de réels moyens de protection aient été mis en oeuvre ?

Votre formule laisse entendre que les éleveurs ne protègent pas volontairement leurs troupeaux pour toucher des indemnités. Cela nous paraît une vision manichèenne de la situation. Nous souhaitons le maintien et même le développement du pastoralisme, qui est en train de devenir une activité folklorique, tout en protégeant les grands prédateurs. Il faut donc aider les éleveurs pastoraux qui ne devraient pas être confrontés à la concurrence internationale. Si les éleveurs ne protègent pas suffisamment leurs troupeaux c’est principalement une question de coût.

Il ne faut pas non plus ignorer le fait que les grands prédateurs sont surtout menacés par la réduction de leur aire de vie, par exemple par le développement des stations de ski. Le loup (entre autres) nous raconte une histoire : notre système d’élevage en montagne doit être revu. La cohabitation entre les prédateurs et l’élevage ne peut être entreprise sans revoir ce modèle : mettre fin au surpâturage, favoriser les petits troupeaux, les systèmes de protection, et surtout favoriser l’emploi. On parle des éleveurs et on oublie les bergers, véritables prolétaires de la montagne : ils doivent bénéficier de CDI, de formation, d’horaires et de conditions de travail leur permettant de gérer les grands prédateurs. Un tout petit peu de l’argent de la PAC perdu pour défendre les intérêts des grands céréaliers permettrait de faire une autre politique de l’élevage, créerait des emplois, et permettrait de concilier élevage et nécessité de développer les populations de grands prédateurs.


Les trois prédateurs majeurs (ours, loup, lynx) ne sont représentés, en France, que par de très petites populations : à peine 300 loups, une petite centaine de lynx et une trentaine d’ours.

Question 9 : Êtes-vous d’accord pour affirmer qu’aucun de ces animaux ne « prolifère », pour reprendre le mot de ceux qui désirent les éliminer, mais qu’au contraire il faut que leurs effectifs augmentent ?

Nous ne pensons pas que ces animaux « prolifèrent ». Il ne fait aucun doute, qu’une espèce dont les individus se comptent par dizaines, n’a aucun avenir. En ce sens, l’ours et le lynx sont particulièrement à risque et leur population doit augmenter et des individus doivent être introduits pour éviter, entre autres, les risques de co-sanguinité. En ce qui concerne les loups, les chiffres, plus élevés, ne doivent pas masquer le fait que ce sont des animaux qui vivent principalement en meutes et que 300 individus ne représentent que quelques dizaines de meutes. Un rapport scientifique estime qu’il en faudrait plus de 10 fois plus… Il faudrait aussi protéger les renards qui sont en grave danger

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Question 10 : Ferez-vous tout ce qui est en votre pouvoir pour que la France respecte les engagements européens qu’elle a signés, et procède dans les meilleurs délais aux lâchers d’ours prévus dans les Pyrénées, notamment dans les Pyrénées occidentales où l’espèce est au bord de l’extinction ?

Oui


Les naturalistes annoncent le retour probable ou l’arrivée, sur le territoire français, de prédateurs de moindre taille que les trois précédents, tel le chacal doré.

Question 11 : Accueillerez-vous favorablement cette espèce ?

Cette espèce ne paraît pas être une espèce qui pose des problèmes aux activités humaines. C’est un animal relativement petit, comparable aux renards. Il s’attaque principalement aux rongeurs, même s’il peut s’attaquer aux agneaux. Il paraît possible de l’accueillir tout en s’en protégeant.


L’association Ferus s’occupe essentiellement de l’ours, du loup et du lynx, mais elle entend soutenir les actions de protection de tous les prédateurs. Elle s’inquiète aujourd’hui du sort réservé aux requins, que certains veulent massacrer dans nos Outremers, notamment à la Réunion.

Question 12 : Aurez-vous pour préoccupation de protéger ces animaux magnifiques (grand requin blanc, requin-tigre, requin-bouledogue, etc.), tellement utiles à l’équilibre écologique des océans ?

Nous considérons que ce que vous appelez « nos Outremers » sont des colonies qui doivent pouvoir s’autodéterminer et recouvrer leur indépendance. Ce n’est donc pas à nous de décréter comment les Réunionnais devraient protéger les requins.

Philippe Poutou

Voir en ligne : Biodiversité : FERUS questionne les candidats à la présidentielle

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Mis à jour le mercredi 19 avril 2017