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Poutou2017. Réponse au questionnaire du Collectif 3R - Incinérateur Ivry

Nous mettons en avant la nécessaire réduction des déchets à la source. 350 kg de déchets ménagers par an par habitant, c’est trop.

Produire moins de déchets c’est s’interroger sur nos modes de production et de consommation. Les règles du capitalisme qui régissent les sociétés ce n’est pas satisfaire les besoins sociaux en nuisant le moins possible à la planète et ses habitants. Au contraire ! C’est produire toujours plus, aller toujours plus vite, plus loin, obliger les populations à consommer toujours davantage, en créant des besoins nouveaux, en suscitant le désir de posséder, de consommer des biens sur-emballés, tout ça à grands coups de publicités coûteuses et polluantes. Bien sûr sans se soucier de la fin de vie de leurs produits.
Avec un tel système, la société humaine croule sous les déchets et se doit se démener pour les éliminer.

Les dirigeants ont trouvé une solution qui rapporte surtout aux groupes spécialisés dans l’incinération. Tant pis si elle crée de graves problèmes de pollution de l’air, de l’eau, des sols et du coup provoque des dommages au niveau de la santé humaine.

L’incinération produit des rejets dans l’atmosphère (dioxines, furannes…) qui sont à l’origine de cancers, de diminution du système immunitaire, de perturbations du système endocrinien, de troubles de développement psychomoteur chez les jeunes enfants, de troubles de la reproduction. Les PVC brûlent et dégagent du mercure, de l’arsenic…

Une étude menée à Besançon a montré que les habitants installés à proximité de l’incinérateur avaient deux fois plus de risques de développer un cancer lié à la dioxine.

Les élus et les opérateurs industriels se réfugient derrière la réglementation et les normes. Mais c’est plus que discutable ! Les faibles doses et a fortiori l’accumulation ont des effets délétères. C’est vrai pour la radioactivité, comme l’a montré le laboratoire Belrad, en Biélorussie à la suite de l’accident de Tchernobyl. C’est vrai aussi pour les rejets de polluants chimiques.

L’accumulation des petites doses dans l’organisme entraîne à plus ou moins long terme des problèmes sanitaires pour des populations entières. La gestion des déchets est vrai enjeu de société, car il a des conséquences sur la politique de santé publique et sur l’environnement.

À Ivry, la gabegie financière a pris le dessus, comme dans tous les Grands Projets Inutiles Imposés. Le surdimensionnement de l’incinérateur va à l’encontre d’une nécessaire politique de réduction des déchets.
Ce n’est pas l’habillage pseudo écologique « l’incinération produit de l’énergie » qui nous fera oublier tous ces méfaits et inconvénients. Le capitalisme vert, ça ne peut pas marcher !

Si d’autres méthodes sont réalisables, possibles, nous préconisons avant tout la diminution drastique des volumes de déchets : commençons par nous demander de quoi on a vraiment besoin ! Finissons-en avec l’obsolescence programmée des appareils ! Développons la possibilité de réparer, de changer des pièces, d’entretenir plutôt que de jeter et racheter !

Développons en priorité et de toute urgence les filières de recyclage ! Fournissons aux habitants, en particulier en appartement, les moyens de trier et de recycler ! Limitons au maximum, strictement indispensable, la fabrication de biens qui produisent des déchets ultimes, non recyclables ! Après, nous prendrons collectivement la décision de ce qu’il faut faire des déchets « ultimes ».

Philippe Poutou

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017