Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Poutou 2017 > Questionnaires et réponses > Poutou2017. Réponses au programme Veggie 2017

Poutou2017. Réponses au programme Veggie 2017

 Les mesures pour l’écologie

Les impacts environnementaux de la production d’aliments d’origine animale sont multiples, et bien étayés par la littérature scientifique. Responsable de 14,5 % des émissions totales de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète (un chiffre comparable à celui du secteur des transports), mais aussi d’une part significative des pollutions locales (particules en suspension, nitrates), l’élevage est aussi très coûteux en terres agricoles, et en eau, tandis que la pêche et l’aquaculture causent l’épuisement des populations de poissons.

Favoriser la transition vers un modèle alimentaire moins fondé sur les protéines animales s’inscrit donc parfaitement dans la mission d’un État soucieux d’agir pour un monde plus durable, et plus responsable.

Mesure 1. Supprimer l’exemption du méthane entérique de la loi sur la transition énergétique

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a pour objectif principal de « permettre à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique ».

Elle prévoit des objectifs nationaux de réduction des émissions de polluants atmosphériques, mais exclut de ces objectifs les émissions de méthane des ruminants.

Cet amendement repose sur l’idée que les émissions de gaz à effet de serre des animaux relèveraient d’un ordre « naturel » et non d’activités humaines. En réalité, le méthane est un gaz au potentiel de réchauffement considérable (72 fois celui du dioxyde de carbone, à échéance 20 ans). Son temps réduit de résidence dans l’atmosphère (dix ans environ) en fait un levier d’action indispensable pour une politique climatique efficace. Il semble donc pertinent de l’intégrer dans une telle politique.

Nous pensons que la loi sur la transition énergétique a été une vaste supercherie et nous refusons d’être liés par une loi qui pérennise le nucléaire.

Nous partageons le constat que, globalement, nous mangeons trop de viande et nous sommes favorables au développement du végétarisme et du véganisme. Mais nous ne pouvons ignorer le fait que beaucoup de gens ne peuvent pas manger de viande par manque de moyens et non pas par choix et que beaucoup de ceux qui le peuvent, mangent de la viande de mauvaise qualité (gustative, nutritionnelle ou environnementale).

La proposition que vous défendez aurait pour seul effet de réduire la consommation de viande par les plus démunis. Or, nous considérons que le capitalisme est le premier responsable du réchauffement climatique. Il faut donc s’attaquer aux racines du mal.

Votre proposition ne tient pas compte non plus des différents types d’élevage. Pourtant toutes les études montrent que les vaches élevées en système productiviste émettent plus de méthane que les vaches en système extensif. Nous reconnaissons la contribution de l’agriculture aux émanations de gaz à effet de serre, mais, en France, le protoxyde d’azote (issu des engrais azotés destinés à produire en priorité des aliments pour les animaux que nous refusons d’appeler « de ferme ») est un contributeur plus important que les pets et les rots des bovins ! Il nous semble qu’il faudrait aussi tenir compte des externalités positives de l’élevage, comme l’entretien des alpages.

Nous pensons donc que, plutôt de changer une ligne de cette loi scélérate (car elle laisse accroire que l’État français prend à bras-le-corps la question du bouleversement climatique), il faut prendre des mesures concrètes et immédiates :

  • interdiction des élevages industriels, fermes-usines, élevages hors-sol ;
  • interdiction des importations d’aliments à destination animale ;
  • re-direction des aides vers les élevages dont les ruminants sont aux prés et dont les monogastriques ont accès à des parcours en plein air et dont l’alimentation est produite sur l’exploitation ;
  • promotion des protéines végétales, en particulier dans la restauration collective.

Nous comptons aussi contrôler et mettre au pas l’agro-industrie et l’industrie agroalimentaire qui, depuis des dizaines d’années, poussent à la consommation de viande et sont à l’origine de la malbouffe.

Mesure 2. Imposer un affichage du coût climatique des produits alimentaires

Pour consommer intelligemment, une information juste et complète est un outil précieux.

D’après une récente étude du ministère de l’environnement de l’énergie et de la mer, 56 % des Français souhaiteraient voir se développer un affichage environnemental affichant le bilan carbone du produit, permettant aux acheteurs d’utiliser leur pouvoir d’achat de manière plus responsable. Les secteurs alimentaires les plus polluants font en effet porter le coût sanitaire et environnemental de leurs activités sur l’ensemble de la société. Informer le public sur l’impact des différentes productions est donc une mesure de justice sociale face aux industries polluantes.

Note : afin de favoriser l’innovation et PME du secteur agroalimentaire, cette obligation d’affichage pourrait être réservée aux produits non transformés des grandes enseignes de distribution, ainsi qu’aux produits transformés largement distribués sur le territoire national.

À première vue, cela parait une bonne idée (et nous sommes évidemment favorables à ce que les populations soient bien informées dans tous les domaines) mais nous y voyons plusieurs inconvénients :

  • nous ne pensons pas que les seuls consommateurs, fussent-ils renommés consom’acteurs, puissent influer de manière significative sur le réchauffement climatique, ou d’autres questions environnementales, d’ailleurs. La lutte est trop inégale face au capital, à l’agro-industrie, à la publicité, aux grandes surfaces… C’est pour cette raison que nous prônons la fin de la publicité et le contrôle de l’agro-industrie. Pour « consommer intelligemment » comme vous le préconisez, il faut pouvoir le faire librement, ce qui n’est pas le cas actuellement.
  • sans faire de jeu de mots avec la question précédente, la mis en place de cet affichage serait une usine à gaz. Pour être efficace, un tel système se devrait d’être précis. Pas question donc d’avoir un coût climatique pour « la » tomate, il faudrait avoir un coût différent selon la variété, selon la saison, selon la distance entre le consommateur et le producteur, en fonction des techniques culturales (en plein champ ou sous serre, sous serre froide ou sous serre chauffée, sous couvert végétal ou après labour…), en bio ou pas, etc.
  • la formule « trop d’information tue l’information » est particulièrement vraie en ce qui concerne l’alimentation. Nous ne pensons pas que le temps libre que nous comptons libérer en diminuant le temps de travail doive être consacré à l’étude des étiquettes des emballages alimentaires. Nous pensons que nous devons collectivement et démocratiquement (producteurs, consommateurs, scientifiques, personnel de santé, etc.) décider de ce qu’il faut produire en tenant compte de tous les critères (sanitaires, nutritionnels, environnementaux, sociaux - et nous insistons sur ce point, les conditions de travail et les salaires des travailleurs du secteur alimentaire doivent aussi être prises en compte -).

En ce qui concerne plus précisément le climat, plutôt que d’affichage nous préférons donc des mesures concrètes :

  • interdiction des intrants chimiques en agriculture
  • localisation des productions alimentaires au plus près des consommateurs
  • interdiction des élevages industriels, fermes-usines, élevages hors-sol, et de la maltraitance animale
  • stopper le gaspillage
  • permettre à chacun de manger à sa faim une alimentation de qualité, car il y a aussi un coût environnemental (en plus du coût social et humain) aux personnes mal ou sous-nourries qu’il faut soigner, hospitaliser
  • réduction massive du temps de travail qui permettra à tous ceux qui le souhaitent de jardiner et cuisiner.

 Les mesures pour la restauration collective

Les établissements proposant un service de restauration collective ont une responsabilité fondamentale vis-à-vis de l’environnement et de la santé publique. Dans les écoles, les maisons de retraite, les établissements pénitentiaires et autres lieux où un service de restauration collective est prévu, il est impératif que celui-ci propose des repas équilibrés tout en respectant la liberté des usagers.

Or, certaines dispositions et pratiques actuelles, faisant notamment la part belle à la viande, méconnaissent les dernières avancées scientifiques en matière de nutrition, l’impact hautement négatif de la production de viande pour l’environnement et l’évolution de la société française, dans laquelle les personnes désireuses de pouvoir bénéficier de repas végétariens sont de plus en plus nombreuses4. Il est tout simplement question de permettre davantage de liberté dans la restauration collective, tout en respectant les usagers et la planète.

Mesure 3. Abroger les textes de loi imposant les protéines carnées dans les écoles

Un décret et un arrêté du 30 septembre 2011 fixent des règles auxquelles sont soumises les établissements scolaires. Ces textes imposent un « plat protidique » mais négligent complètement les protéines végétales : ce plat est forcément un « plat principal à base de viandes, poissons, œufs, abats ou fromages ». Ils obligent que soient servis 8 jours sur 20 [1] des plats contenant de la viande ou du poisson, alors que rien ne justifie cette obligation.

Les protéines végétales, aux qualités nutritionnelles pourtant reconnues, sont absentes de ces textes. Cela constitue une entrave à la liberté de chacun de ne pas consommer de viande ou de poisson, et d’autre part pose problème sur le plan nutritionnel, étant donnés les dangers potentiels de la consommation de viande.

L’alimentation végétale (fruits, légumes, céréales, légumineuses, oléagineux, algues) est une source fiable de protéines et d’autres nutriments de bonne qualité. Il est possible de composer des menus complets, et à haute qualité nutritionnelle, sans recourir à des produits d’origine animale5.
Nous proposons que les textes imposant les protéines carnées dans les établissements scolaires soient abrogés, pour faire écho à l’évolution de la société et à l’état de la science sur ces sujets.

Cet arrêté semble destiné à satisfaire les demandes des différents secteurs de l’agroindustrie plutôt qu’à satisfaire les besoins nutritionnels des enfants. De nouvelles recommandations seront établies en tenant compte de toute la recherche indépendante sur la santé et la nutrition.

Ces repas végétariens résoudraient aussi les problèmes liés aux cultes. (Il est anormal que des personnes, en particulier des enfants, se voient proposer systématiquement des œufs (omelettes) comme repas de substitution, ou pas de substitution du tout. Pour des raisons de coût et de difficulté à proposer 2 menus, des communes ou des associations envisagent de servir uniquement des repas végétariens, nous soutenons ces initiatives.)

Mesure 4. Mettre en place des menus végétariens alternatifs dans la restauration collective

Le plat végétarien est un plat qui convient à toutes et tous, peu importe les convictions et les régimes alimentaires. Bien équilibré, un repas végétarien est bénéfique pour la santé ; il est par ailleurs peu onéreux à préparer et plus respectueux de l’environnement.

Chaque personne qui le désire devrait pouvoir bénéficier, en tant que bénéficiaire de la restauration collective, de cette option végétarienne, qu’elle le demande pour ses convictions personnelles6, pour réduire son impact sur l’environnement, pour la condition animale ou simplement par goût. Certains établissements ont déjà décidé d’inclure dans leur menu des alternatives végétariennes quotidiennes.Nous soutenons ces initiatives et proposons qu’un menu végétarien équilibré, fondé sur les protéines végétales (céréales, légumineuses, oléagineux, algues…), soit mis en place dans tous les services de restauration collective servant plus de 80 couverts, comme menu par défaut un jour par semaine ou en alternative quotidienne à d’autres menus. Cette mesure suppose une formation appropriée des gestionnaires de cantines scolaires et des cuisiniers.

Nous dénonçons l’impact négatif sur la santé d’une grande consommation de viande. Néanmoins nous ne sommes pas favorables au retrait complet des protéines animales des repas servis en collectivité, mais plutôt à la réduction. Les personnes doivent avoir le choix. Nous préconisons d’introduire des menus végétariens à chaque repas, et d’en faire la promotion par une information complète et claire. La limite de 80 couverts ne nous semble discriminatoirepas pertinente.

 Les mesures pour la politique économique et agricole

La crise de l’élevage et la réduction de la consommation de protéines animales témoignent de l’essoufflement du modèle agro-alimentaire mis en place en France après la Seconde Guerre mondiale. L’attrait du grand public pour l’alimentation végétarienne révèle des préoccupations éthiques, écologiques et de santé.

Cette transition vers un modèle alimentaire plus végétal est une chance à saisir. Elle ouvre la voie au développement de nouveaux secteurs d’activités et à la création d’emplois.

Mesure 5. Mettre en place une politique agricole de transition vers un modèle plus végétal

  • Emploi : décourager l’entrée de nouveaux actifs dans l’élevage intensif et la pêche, favoriser l’emploi dans les secteurs d’avenir tels que le maraîchage biologique, via notamment l’allocation du foncier agricole
  • Aides : redistribuer les subventions publiques vers les secteurs les plus porteurs, tels que les protéines végétales
  • Recherche : développer la recherche publique sur les filières végétales et les légumineuses
  • Formation : redéfinir le contenu de l’enseignement agricole

Note : de telles mesures sont déjà applicables dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) actuelle. Cependant, une réorientation de la PAC pourrait permettre de mener plus efficacement cette transition.

  • Emploi : Nous interdirons les élevages industriels, les fermes-usines, les élevages hors-sol et par conséquent ne permettrons pas l’entrée de nouveaux actifs dans ces métiers.
  • Aides : Les aides seront redéployées vers les petites structures respectueuses de l’environnement. Nous considérons que les productions doivent être décidées de manière démocratique en associant, entre autres, producteurs et consommateurs.
  • Recherche : La recherche publique sera consacrée au développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement et non dépendante aux intrants chimiques

Mesure 6. Mettre en place une politique économique de transition vers un modèle plus végétal

  • Innovation : soutenir la création d’entreprises novatrices dans le secteur des protéines végétales (subventions, crédits, aides à la promotion…)
  • Fiscalité : indexer la taxation des produits alimentaires sur l’empreinte carbone
  • Restauration : développer la formation des restaurateurs en cuisine végétale
  • Commandes publiques : favoriser les produits végétaux dans les restaurants dépendant de l’État

Note : la relance économique induite par les nouveaux marchés pionniers du secteur agroalimentaire dans son ensemble constitue une source potentielle de revenus pour l’État, pouvant être réinvestis dans les mesures décrites ici.

Nous approuvons vos propositions en matière de recherche (développer la recherche publique sur les filières végétales et les légumineuses), de formation (redéfinir le contenu de l’enseignement agricole), de restauration (développer la formation des restaurateurs en cuisine végétale)et de commandes publiques (favoriser les produits végétaux dans les restaurants dépendant de l’État). Plutôt que de mettre en place une taxe carbone qui sera forcément inefficace (car il faudrait taxer à 800 euros la tonne de carbone, ce qui est impossible) dans le cadre d’une économie de marché, nous préconisons des mesures incitatives et des obligations pour instaurer une agriculture paysanne, écologique, créatrice d’emplois correctement payés.

 Les mesures pour l’éducation

Que ce soit dans la classe ou à la cantine, l’école est pour les enfants un lieu d’apprentissage de ce qu’est la nutrition, et ce sont bien souvent les connaissances acquises dans ce cadre qui vont déterminer leurs habitudes alimentaires. Dès l’école primaire, mais aussi au collège et au lycée, les élèves bénéficient de cours ou de programmes centrés sur l’alimentation, et il convient de s’assurer qu’ils soient le plus à jour possible au regard des progrès scientifiques et qu’ils respectent le principe de neutralité de l’éducation nationale, qui se doit d’agir dans l’intérêt général sans favoriser certains acteurs, notamment des lobbies qui interviennent dans les écoles.

Mesure 7. Interdire l’intervention des lobbies agroalimentaires de produits à risque pour la santé dans les établissements scolaires

Les élèves ne doivent pas être considérés, lorsqu’ils sont à l’école, comme des consommateurs, d’autant plus lorsqu’il est question d’une problématique aussi importante que celle de l’alimentation : la santé des enfants ou des adolescents est en jeu.

La viande (hors volaille), par exemple, est classée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) comme aliment « dont la consommation augmente le risque de maladies chroniques ».

L’école est un lieu d’apprentissage, non d’endoctrinement, et l’intervention des industriels venant faire la publicité de la viande est à bannir. Le principe de neutralité à l’école, ainsi que l’interdiction de proposer des opérations commerciales dans l’enceinte des écoles doivent s’opposer à des initiatives de lobbies venant, sous le prétexte de présenter des « kits pédagogiques », vanter les mérites de leur filière en déformant la réalité et ce, sans aucune caution scientifique.

Nous proposons d’interdire l’intervention en milieu scolaire d’industries agroalimentaires dont les produits entraînent un risque pour la santé.

Voir notre réponse à la mesure 8

Mesure 8. Information et sensibilisation aux bénéfices des protéines végétales

Pour beaucoup d’élèves, l’école est l’endroit où l’on prend conscience des effets de l’alimentation sur la santé, de ce qu’est une alimentation équilibrée ou des conséquences de ses choix alimentaires sur l’environnement.
Nous proposons que les documents pédagogiques à destination des élèves soient révisés pour tenir compte des dernières avancées nutritionnelles, remettant en cause la nécessité de la consommation de produits d’origine animale, et en particulier que les catégories nutritionnelles soient révisées : par exemple « protéines » plutôt que « viande-poisson-œufs » ; « produits riches en calcium », plutôt que « produits laitiers ».

Par ailleurs, nous proposons une vaste campagne d’information et de sensibilisation aux bénéfices de la transition vers un modèle plus axé sur les protéines végétales, que ce soit en termes écologiques (réduction importante de l’empreinte écologique, meilleure efficacité énergétique), ou nutritionnels (meilleure santé publique). Cette campagne pourra s’appuyer sur des actions menées à l’occasion de journées spéciales (Journée mondiale des légumineuses ; Journée internationale de l’eau…).

Nous bannissons toute intervention commerciale des firmes à l’école. Si une information sur la santé et en particulier sur la santé alimentaire est nécessaire et souhaitable, elle doit être faite par un personnel spécialisé et formé (infirmièr.e et médecin scolaires, assistant•e social•e…) et y associer les parents. L’incitation à diminuer fortement les protéines animales et la promotion des protéines végétales (pour valoriser les menus végétariens) passent par ces actions pédagogiques simples.

 Les mesures pour la santé

Mesure 9. Former les médecins et les personnels de santé sur les liens entre alimentation et santé

La formation nutritionnelle des médecins et personnels de santé est aujourd’hui particulièrement réduite en France. Sur la question des alimentations végétarienne et végétalienne, cette formation est datée, et ne reflète pas l’état des savoirs scientifiques.

Nous demandons qu’une formation initiale solide soit mise en place à destination des médecins, infirmiers et cadres hospitaliers sur les bénéfices de l’alimentation végétale fondée sur les fruits, les légumes, les céréales complètes, les légumineuses et les oléagineux. Nous demandons également que le programme du BTS diététique intègre ces aspects, et permette aux diététiciennes et diététiciens de conseiller de manière adéquate le public végétarien.

Nous rappelons que selon l’Académie de nutrition et de diététique, qui constitue la plus grosse organisation de professionnels de la nutrition à l’échelle de la planète, « les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. ».

Voir notre réponse à la mesure 10.

Mesure 10. Organiser une vaste campagne de santé publique en faveur d’une alimentation plus végétale

La mise en place d’une politique nutritionnelle est une priorité de santé publique. La nutrition est un facteur central de protection ou de risque de certaines des maladies les plus répandues en France (obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, diabète…).

Ces éléments ont mené en 2001 au lancement du Programme National Nutrition Santé. En janvier 2017, les repères nutritionnels de l’ANSES ont évolué dans le sens d’une alimentation plus végétale : la consommation de viande hors volaille est désormais à minimiser, le poisson et les produits laitiers sont présentés comme des produits à limiter, tandis que la consommation de fruits, légumes et céréales complètes est à considérablement augmenter.

Nous demandons qu’une vaste campagne de santé publique, sur le mode « manger de la chair, c’est pas nécessaire ! » soit organisée afin de diffuser ce message le plus largement possible.

Nous sommes d’accord avec vos propositions (mesure 9 et mesure 10). L’alimentation joue un rôle essentiel dans le maintien en bonne santé de l’organisme, dans la prévention des maladies voire dans la guérison. Des actions de formation du personnel soignant doivent être menées pour leur permettre d’appréhender la diététique et l’alimentation autrement que par le prisme de l’équilibre alimentaire qui ne veut rien dire dans le cadre d’une agriculture mitée par la chimie et les habitudes alimentaires contaminées par une surcharge de protéines animales.

Philippe Poutou

Notes

[1sur l’arrêté c’est 12 repas sur 20, pas 8 !

Répondre à cet article

SPIP 3.1.4 [23444] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le mercredi 31 mai 2017