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POUTOU2017 | Le vélo comme mode de déplacement va trouver toute sa place


Le vélo comme mode de déplacement va trouver toute sa place, une place centrale en milieu urbain, dans la perspective dans laquelle nous nous plaçons, celle de l’écosocialisme, qui donnerait la priorité à une société plus juste, égalitaire, écologiste, démocratique. L’urgence écologique commande des changements radicaux notamment dans les transports : la sortie du « tout-voiture » se fera par la priorité absolue donnée aux transports en commun, au vélo, à la marche. Le « tout-voiture », directement lié à l’histoire du capitalisme, est une impasse totale. C’est pour cela que nous sommes pour la gratuité des transports en commun au niveau local, la collectivité payant dors et déjà 80 % du prix des titres de transports.

Nous approuvons donc votre action déterminée en faveur de la pratique généralisée et régulière du vélo. En tant qu’association explicitement tournée vers le développement du vélo, votre réflexion et vos propositions sur le sujet nous semblent intéressantes et, comme ces évolutions de fond, plus que souhaitables, absolument nécessaires et urgentes ne pourront se faire de manière autoritaire, l’action d’associations comme la vôtre sera très importante. Nous mettrons aussi l’accent sur l’intervention directe des usagerEs, des salarié•e•s, des habitant•e•s, dans la prise des décisions.

 1. Pouvoir d’achat

Nous aurions tendance à inverser la formule : « Plus de pouvoir d’achat, c’est plus de déplacements à vélo ». L’augmentation générale des salaires, pour laquelle nous militons, le relèvement du SMIC à 1 700 € et l’ajustement sur celui-ci de tous les minimas sociaux, permettrait sans conteste à toutEs de s’équiper convenablement. Dans la même logique, la baisse généralisée du temps de travail à 32 h, aller vers le partage du travail entre toutEs, permettrait de libérer du temps pour tout•e•s… ce qui permettrait de développer la pratique du vélo pour se déplacer (travail, études, ravitaillement) et pour ses loisirs.

La voiture est un gouffre, un tonneau sans fond pour le budget des ménages. Cependant, nous ne sommes pas adeptes du principe "pollueur-payeur" qui devient de fait un permis de polluer délivré aux plus argentéEs. Rejetant ce principe, à l’inverse, nous ne pouvons faire de l’incitation fiscale la première mesure d’un plan-vélo… Un tel plan devra devenir populaire dans les quartiers populaires : du fait de la pauvreté, les incitations fiscales n’auraient aucun effet massif et le plan louperait sa cible…

L’idée de faire des fonctions publiques une rampe de lancement d’un tel plan de développement du vélo nous semble judicieuse.

Nous approuvons vos idées sur les campagnes nécessaires à la promotion du vélo, à l’information sur les bienfaits de sa pratique en matière de santé. Impliquer les entreprises est une idée particulièrement pertinente.

 2. Le vélo anti-crise

Oui, il faut commencer à réaffecter les sommes colossales qui ont abouti au « tout-voiture ». Le maillage national des pistes, en ville et hors des villes, sur macadam et chemins doit être regardé comme élément important et non plus comme marginal.

Pour les exonérations fiscales, outre ce que nous avons dit au point 1, nous tenons à ce que le « versement transports » des entreprises ne soit pas remis en cause, il constitue dans les agglomérations urbaines la colonne verticale du financement des transports en commun. Et si exonération fiscale il devait y avoir, elle devrait être réservée aux usagerEs, pas aux entreprises. En effet, ce sont les entreprises qui décident du lieu de leur implantation, le plus souvent appâtées par des terrains peu chers et... des exonérations fiscales. Alors qu’elles assument le coût du transport de leurs salarié•e•s !

Les ateliers de réparation solidaires peuvent devenir demain des lieux ordinaires de sociabilité, zones de gratuité…

 3. Le vélo et l’emploi

Le développement-renouveau du vélo créera évidemment de très nombreux postes de travail à toutes les étapes, devra répondre aux besoin de qualifications et diplômes nouveaux. Cependant, il faut bien s’entendre sur le développement de l’emploi lié à la pratique du vélo : nous ne saurions d’aucune manière soutenir la généralisation d’une nouvelle génération de précaires pédalant, comme les grandes villes les voient se développer. Ainsi les différentes catégories d’emplois de courtiers, de livreurs, s’ils peuvent avoir une certaine pertinence, devraient se faire selon nous dans des cadres d’emploi pérennes, en passant des CDI avec les donneurs d’ordre qui actuellement les exploitent (notamment grâce au statut bidon d’autoentrepreneur)

 4. Le vélo et la santé

Le rapport est évident. Le vélo en pratique ordinaire, banale, quotidienne est un puissant remède à la sédentarité. En cela, en passant, il combat de la meilleure manière des maux répandus comme l’obésité. L’exemple des cubains, qui ont fait de nécessité vertu, le démontre clairement. Oui, les communes seront la base logistique principale d’une telle politique et leur dotation globale de fonctionnement devra augmenter.

 5. Le vélo c’est du lien

Le maillage national des véloroutes et des pistes à terme devra être très serré. Tout comme le réseau des chemins de fers devra retrouver son niveau du milieu du XXe siècle. Rien d’utopique à cela. Oui, il faut encourager l’exploration de ce futur, oui, cela nécessite de l’éducation.

De plus, selon nous, le thème du « lien » pose un ensemble de questions liées à l’aménagement du territoire :

  • La distance travail / habitation / centre urbain doit être réduite en luttant contre le morcellement du territoire entre « zones » spécialisées, le plus souvent mises en place pour répondre à des logiques de profit. Profit des patrons des entreprises qui s’installent là où c’est moins cher ; profit des promoteurs immobiliers qui font de la spéculation et relèguent les moins riches… plus loin des centres… Ils se trouvent alors contraints d’utiliser leur automobile.
  • L’accessibilité des villes est une des conditions de l’usage des modes de transports doux ; quand on aménage les villes pour les piétons, pour les personnes en situation de handicap, pour les personnes âgées ou les parents avec de jeunes enfants, on permet également au vélo de se développer ! Dans ce cadre, la création d’itinéraires cyclables desservant les établissements scolaires, les entreprises et les services d’une même agglomération sera une priorité.
  • L’intervention directe des habitant•e•s, des salarié•e•s, qui maîtriseraient démocratiquement et directement l’aménagement des espaces, qui reprendraient à leur compte des décisions habituellement dévolues à des technocrates, permettrait de développer des transports plus courts, donc plus doux !

 6. Vélo et sécurité

Dans une telle perspective, le vélo doit être pris au sérieux sous tous ses aspects. Il devient un élément important dans les modes de transports. Le versant sécurité est à prendre en compte dans toute son ampleur : mode de transport doux, les cyclistes constituent pour l’heure un élément fragile dans « ce monde de brutes »… L’exigence de qualité doit être présent de manière permanente, les qualifications sont donc nécessaires.

 7. Vélo et stationnement

C’est un aspect important que vous avez raison de souligner. Pour notre part, nous voulons vous dire avec force que les quartiers populaires sont massivement en retrait dans la pratique du vélo. Que c’est un paradoxe alors que massivement la pratique du vélo jusqu’aux années soixante a été une pratique des milieux populaires. La quasi impossibilité de garer son vélo est sans doute une des causes d’une très faible pratique du vélo dans les quartiers à habitats collectifs denses. Il faut sur ce point faire preuve de volontarisme et décider la construction systématique de garages à vélos au bas de tous les immeubles des quartiers populaires.

 8. Le vélo, ça s’apprend.

Oui, il faut une volonté politique générale qui aille dans le sens du développement du vélo. Y compris bien sûr dans l’éducation à sa pratique dès le plus jeune âge. Nous sommes d’accord avec vous : les enfants doivent sortir de l’école en maîtrisant l’usage de la bicyclette. Cela impose de l’inscrire au programme des apprentissages fondamentaux de l’école primaire, avec une pratique poursuivie au collège. La formation initiale et continue des enseignants doit être en rapport avec cet objectif.

Pour les adultes, des possibilités de formation doivent exister dans le cadre de la formation continue financée par les employeurs privés comme publics. A cet égard, la formation de formateurs doit être un objectif national pris en charge par l’état.

 9. Le vélo, la vitesse.

Le vélo va vite… Sur le papier, bien moins vite que la voiture. Mais en milieu urbain, péri-urbain, le vélo supporte la comparaison, il va plus vite. La voiture en ville est une calamité. Le vélo peut la supplanter avec beaucoup de bénéfices annexes. Pour peu qu’on s’en donne les moyens : vous soulignez à juste titre la nécessité de régler certains problèmes comme les coupures urbaines, le report modal voiture - vélo et marche.

Voir en ligne : Club des villes et terrioires cyclables

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017