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Front National et écologie : détruire les illusions

Nous publions ce document élaboré par la commission antifasciste et la commission écologie du NPA. Il ne s’agit pas d’un article classique, mais plutôt d’un support pour la formation militante ou pour introduire une discussion. Il nous semble cependant pertinent de le diffuser.

L’idée est de permettre de comprendre ce dont parle le FN quand il aborde d’écologie. Notre conception de l’écologie n’y est pas vraiment abordée, pour cela, nous vous conseillons la brochure « Quelle écologie, quel socialisme, quelle transition »

Nous publions ce document élaboré par la commission antifasciste et la commission écologie du NPA. Il ne s’agit pas d’un article classique, mais plutôt d’un support pour la formation militante ou pour introduire une discussion. Il nous semble cependant pertinent de le diffuser.

L’idée est de permettre de comprendre ce dont parle le FN quand il aborde d’écologie, notre conception de l’écologie n’y est pas vraiment abordée, pour cela, nous vous conseillons la brochure « Quelle écologie, quel socialisme, quelle transition »

Le FN est-il « vraiment » écologiste ?

Ne pas céder à la tentation de l’explication par la démagogie. Le FN ne repeint pas son programme en vert (pas plus que les autres partis politiques). Il est confronté à la question des ressources, des pollutions... comme tout le monde : l’avenir est incertain, troublé, dangereux, aussi du fait des crises environnementales. En 2017, un gouvernement ne peut pas ne pas prendre en compte cette dimension, y compris un « gouvernement FN ». Le fait de ne pas éluder les crises écologiques, c’est déjà commencer à y apporter une réponse. Le FN répond à ces enjeux avec ses deux revendications phares, qui justifient tout le reste : la« priorité nationale » (ex-« préférence nationale  ») et le « protectionnisme intelligent ».

Il est certes important de pointer les contradictions du FN (dans le temps, entre militants, selon les situations locales...). Attention cependant au petit jeu des mots manquants. Le FN est capable de faire évoluer très vite son discours et ses expressions. Traiter l’écologie au FN comme une « mascarade » empêche d’analyser comment cette extrême-droite est capable, aussi, de se saisir de ces questions. Cela empêche aussi de considérer les éléments non discutables de son discours (sur le productivisme agricole essentiellement).

Inutile de se chamailler sur les mots : il est vain de savoir si le FN est ou n’est pas « écologiste ». En revanche, il est nécessaire de savoir et comprendre comment il dit l’être. C’est l’objet de ce topo. Le FN ne gagnera pas son électorat sur les questions écologistes. Le FN sème des illusions avec ses solutions xénophobes et nationalistes comme réponses aux questions sociales et économiques. Mais les travailleuses et les travailleurs, déjà plus ou moins sensibles à son discours, attendent aussi des réponses aux questions écologistes. C’est une autre illusion à détruire.

L’écologie peut-elle être un enjeu dans la campagne du FN aux présidentielles ?

Le FN est capable de parler d’autres choses que d’immigration et de sécurité, d’autant que ses idées en la matière sont déjà largement diffusées. Face à la gauche qui intègre la dimension écologiste et environnementale (elle est présente dans les discours de Hamon, Mélenchon, évidemment Jadot), le FN peut avoir la volonté de mettre en avant son « écologie patriote » pour se distinguer.

D’ailleurs, la première conférence présidentielle de Marine Le Pen (MLP) avait pour thème « La France Durable » (le 26 janvier, elle est passée inaperçue dans l’avant-second tour de la primaire de gauche). Dans ce discours, MLP reprend des thématiques classiques au FN. Mais pas que... MLP emploie le terme « d’anthropocène » et évoque même la possibilité d’un effondrement. Elle parle à plusieurs reprises des « bien communs » (9 fois en 40 minutes). Elle cite France Nature Environnement, donne en exemple Levi-Strauss, Aimé Césaire, Sedar Senghor, Théodore Monod et Jean Malaurie.

Un « protectionnisme vert intelligent » pour assurer quelle transition énergétique ?

Depuis décembre 2014, l’écologie du FN est prise en charge par un collectif spécifique du Rassemblement Bleu Marine, « Nouvelle Ecologie ». Étonnamment, il ne s’est pas saisi pas du discours sur « La France Durable », comme s’il n’avait pas été associé. En fait, ce collectif, assez peu dynamique depuis sa convention de décembre 2016, développe une approche environnementaliste.

Le Collectif Nouvelle Ecologie ne donne pas d’explications, ni philosophiques, ni politiques, à l’origine de la crise des relations entre l’humanité et le reste de la nature. Il fonctionne comme une boîte à idées axées sur la bonne gestion des ressources en vue d’une alimentation saine et d’une autonomie énergétique (cf. la citation reprise d’Henry Kissinger : « on tient les Etats par l’énergie et les peuples par l’alimentation »).

Plus que la question du climat, c’est l’indépendance énergétique qui préoccupe le FN. Dans sa « transition énergétique », le nucléaire joue un rôle majeur, avec un service public (« EDF 100 % public ») conçu comme un moyen de « rendre plus sures » les centrales.

 L’écologie à l’extrême-droite : succinct tour d’horizon

Qui se saisit de la question écologiste à l’ED ?

La mouvance nationaliste-révolutionnaire : « écologie intégrale », « organique » d’inspiration Nouvelle Droite, décroissance et paganisme, avec une vision positive des ZADistes de NDDL (même si un peu trop crasseux) ;
Egalité & Réconciliation : retour à la terre (qui ne ment pas), survivalisme et permaculture ;
L’Action Française : écologie royale (le développement durable a été inventé par la monarchie dynastique) ;
Les catholiques (tradi et intégristes) : « écologie humaine », respecter la famille, Dieu et la Création ; notamment dans le sillage de la Manif pour tous (Tugdual Derville ou la revue LIMITE)
Les conceptions écologistes qui en découlent peuvent avoir des traits communs mais correspondent aussi aux différences idéologiques : ce qu’on peut rassembler sous le terme « d’extrême-droite » n’est pas homogène. On peut trouver au FN un peu de tout ça.

Lorsque l’ED se saisit de l’écologie, sa « sensibilité » met en avant :

  • Le retour à un passé mythique, comme réponses aux crises ;
    • le progressisme et le modernisme sont destructeurs ;
    • retrouver le territoire enraciné et la patrie charnelle auprès :
    • - des sociétés traditionnelles et des communautés organiques, homogènes ;
    • - de la vie paysanne, à la campagne, non corrompue par une ville cosmopolite.
  • La biologisation du social ;
    • Parallèle entre les sociétés humaines et les écosystèmes (biotopes+biocénoses) :
    • - L’immigration est abordée comme les modifications de distribution des espèces animales et végétales (cf. notion « d’espèces invasives », « espèces exogènes », etc.).
    • Essentialisation des rapports hommes-femmes ;
    • Rapport à « la vie » (cf. opposition à la contraception-IVG…).
  • Certains éléments communs avec les milieux écologistes :
    • La critique de l’utilitarisme, du « matérialisme », de la modernité ;
    • - En parallèle avec le retour au passé mythique ;
    • Le rapport à la vie et sa protection ;
    • - En parallèle avec la biologisation du social
    • Le « ni droite, ni gauche »
    • Mais attention aux raccourcis.
  • A contrario, défiance vis-à-vis des « écolos »
    • suspectés d’être mondialistes et pro-immigration ;
    • ou jugés trop « profonds », trop « païens » ;
    • qui confisquent toujours le terme, alors que la « vraie » écologie...
    • JMLP, février 2007 :

« Le matérialisme effréné qui inspire depuis des décennies la politique gouvernementale a détruit cette harmonie. Ceux qui se réclament aujourd’hui de l’écologie n’ont pas arrêté ce phénomène, car ils utilisent le mot pour recycler trois idéologies particulièrement toxiques : le communisme, le mondialisme et le nihilisme. Seule une écologie authentique, fondée sur le respect de l’ordre naturel, le bon sens et la confiance dans le génie humain, peut concilier la sauvegarde de notre environnement avec le développement de notre nation.
Une autre idéologie anime les partis politiques écologistes, partout en Europe. Cette idéologie, née en 1972 avec les thèses du Club de Rome préconise, pour sauver la planète de la surpopulation et de la surproduction, l’arrêt de la croissance. Elle considère que l’humanité constituant une espèce dangereuse pour l’environnement, il faut en réduire les activités et la population. « La nature est bonne, l’homme est mauvais ». Tel est le credo de cette religion de la Terre, appelée Gaïa. Cette idéologie, d’apparence bucolique, est en réalité plus criminelle que celles qui ont ensanglanté le siècle dernier, puisque sa mise en œuvre impliquerait la mort de milliards d’hommes. Comme cela a d’ailleurs été le cas au Cambodge où des millions d’hommes ont été tués par les communistes pour revenir à l’ère préindustrielle. »

Texte fondateur du Collectif Nouvelle Ecologie (décembre 2014) :

« Une formation comme Europe Ecologie Les Verts capte la parole écologiste, en faisant de l’écologie un projet idéologique mais sans jamais réfléchir à la faisabilité économique et sociale de ses propositions dans le contexte de la mondialisation. »

 L’écologie du FN

Les paysages et le patrimoine

La perception de l’environnement se fait d’abord par les paysages, façonnés par le passé : c’est un héritage. Cette France est forcément aimable (car c’est la France, charnelle) mais elle est menacée voire défigurée. L’écologie, c’est préserver ce patrimoine et cela passe avant tout et quasi-exclusivement par l’échelle nationale.

JMLP, février 2007 :

« Patriotes, nous voulons sauvegarder le patrimoine de la France qui s’incarne dans un peuple et dans une civilisation, mais aussi dans un terroir, avec ses paysages, sa faune et sa flore. L’écologie, qui est la défense de l’harmonie entre la nature et l’activité humaine, est une valeur traditionnelle, au bon sens du terme, exigeant le respect des paysages, le respect des animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques, de travail, de boucherie ou de compagnie, le respect des dons de la nature que sont l’air, l’eau, le ciel, la terre et la mer, le respect de l’ordre naturel. Cette harmonie, la France l’avait atteinte, grâce bien sûr à la beauté et à la diversité de ses paysages, mais aussi grâce au travail de nos ancêtres paysans qui, pour se nourrir et nourrir leurs contemporains, ont défriché des millions d’hectares de forêts, planté ailleurs des centaines de milliers d’arbres, conquis sur la mer des milliers de kilomètres carrés, drainé des milliers de marais insalubres, épierré nos coteaux, amendé les terres... La plupart des sites que nous admirons, comme le marais poitevin ou les Landes, sont le produit de ce travail humain sur la nature. »

Programme 2012 du FN, « l’écologie au cœur du développement » :

« La préservation de la flore, de la faune et des paysages constitue un objectif au cœur de la vision de l’homme que nous défendons, c’est-à-dire un homme vivant en harmonie avec son environnement, maîtrisant les conséquences de son action sur la planète et sur son lieu de vie, respectant le patrimoine légué à travers les âges et tenant compte de la souffrance animale.
Le respect des lois de la nature et la maîtrise du développement économique, agricole et industriel de la France participent par ailleurs de la défense de l’identité nationale et de la qualité de vie de nos concitoyens. »

MLP, janvier 2017 (discours sur « la France Durable ») :

« J’aime la France, pas de manière abstraite, avec les sens comme avec le cœur. La France, ce n’est pas une idée, c’est une réalité vivante d’hommes et de femmes, de terres et de mer, d’arbres et d’oiseaux, de fleuves et de forêts, de saveurs et de mots. J’aime tout de la France : des collines du Perche aux coteaux vignerons de la Bourgogne, aux dentelles de Montmirail aux calanques de Cassis, des granites de Bretagne et des volcans de la Réunion, aux gorges de la Lozère et de l’Aveyron. »

La Nation, cadre propice à l’écologie

Avec ses frontières naturelles, la Nation est un cadre protecteur, et tout s’y joue.

Programme 2002 du FN :

« Dans l’ordre de la nature, La Patrie, cité terrestre des hommes, est à la fois lieu d’enracinement, et cadre des vertus valables, quel que soit le lieu ou les peuples. Elle est l’alternative à l’uniformité réductrice du mondialisme. »

Proposition du Collectif Nouvelle écologie sur la santé et l’alimentation (2014) :

« Notre collectif sait qu’en toute chose, agriculture y compris, la diversité est une nécessité. L’époque le sait aussi, mais en explorant avec cynisme la seule diversité qui vaille pour elle : la diversité culturelle et le métissage forcé des peuples. Patriotes français épris de notre nation comme des Nations du monde, gardons les pieds sur terre. Au-delà de la diversité immense de nos terroirs, de nos coutumes, de nos savoir-faire et de nos arts de vivre, faisons aussi la diversité dans nos assiettes, en protégeant la biodiversité alimentaire. »

Texte fondateur du Collectif Nouvelle écologie (2014) :

« Le Collectif Nouvelle Écologie a pour objectif de proposer des idées fortes, argumentées, réalistes et efficaces dans le domaine de l’écologie. Son rôle sera également de faire le lien entre écologie et économie de façon transversale. De fait, pour créer notre propre modèle de préservation de l’environnement, il faudra faire comprendre cette transversalité aux Français, car rien ne peut se faire sans la protection de nos frontières, sans la souveraineté monétaire nationale, sans lutter contre la concurrence internationale déloyale destructrice du point de vue social et environnemental. Gardons à l’esprit que, loin d’être dépassé, l’État-Nation doit être au cœur de notre démarche et de notre réflexion, lui seul pouvant garantir la protection de notre environnement. »

Pas de remise en cause du capitalisme

C’est la finance mondialisée qui pose problème. Le capitalisme national préservera la patrimoine de la France.

MLP, janvier 2017 :

« Défendre l’excellence nationale contre l’uniformisation du libéralisme mondial, c’est aussi défendre la France contre sa colonisation par l’agrochimie et les capitaux nomades. C’est défendre les jardins et les vergers de France contre des multinationales qui ont déclaré la guerre à la diversité des espèces.
Défendre l’intégrité du territoire et l’indépendance de la France, c’est choisir d’accélérer la transition énergétique, de renforcer nos services publics et de protéger nos biens communs. C’est affirmer un patriotisme industriel qui rende la France indépendante dans les secteurs stratégiques de l’eau, de l’alimentation, de l’énergie, des métaux rares, et la soustraie aux manipulations de ceux qui veulent détenir le monopole des ressources essentielles. »

Mais l’écologie du FN ne va pas jusqu’au « changement de paradigme »

MLP promet pourtant un « changement de paradigme » en matière de santé. Mais en matière d’environnement, ce que le « libéralisme » fait mal, le « protectionnisme » fera bien, sans remise en cause du modèle de développement. Le productivisme n’est évoqué que pour l’agriculture (et il est clairement condamné et refusé, « non aux fermes des 1000 vaches »...).

Ce que « l’écologie patriote » n’aborde pas :

  1. Les questions de démocratie sont assez peu reliées aux problèmes écologistes (sauf pour la question du TAFTA et tout ce qui touche à l’UE... mais c’est parce que c’est l’Europe).
  2. Pas de réflexion sur l’extractivisme. Le productivisme ne concerne que l’agriculture.
  3. Les notions de « sobriété », « économie d’énergie » sont absentes (par exemple, le collectif Nouvelle Ecologie ne s’appuie pas sur le scénario Negawatt)
  4. La décroissance (fut-ce de certains secteurs) est refusée ;
  5. Rien sur la reconversion (puisqu’il n’y a rien à faire décroitre) ;
  6. Aucun lien entre la réduction du temps de travail et ces questions ;
  7. Aucune idée d’abandon de « productions inutiles » ;
  8. Publicité ? Les panneaux 4 par 3 en entrée de villes sont certes inesthétiques.
  9. Armement ? Pas touche !
  10. Chimie ? Rien. La « chimie verte » est à peine évoquée (promotion des « éco-matériaux »)
  11. Automobile ? Pas touche, non plus. De toute façon, elle sera « à pile à combustion ».
    « L’écologie au cœur du développement » : un tournant pour voir loin

Programme 2012 du FN :

« Du fait de l’aggravation de la crise, les préoccupations des Français sont aujourd’hui d’abord tournées vers le court terme (baisse du pouvoir d’achat, hausse dramatique du chômage, dérive des finances publiques). Pourtant l’écologie, préoccupation de long terme par excellence, compte beaucoup pour nos concitoyens qui s’interrogent sur l’avenir de l’environnement que nous allons laisser à nos enfants. Problématique intimement liée à la régulation de la mondialisation, l’écologie ne peut être déconnectée des grands choix économiques et doit être portée en cohérence avec l’ensemble du projet présidentiel. »

MLP, janvier 2017 :

« En 2016, nous sommes officiellement entrés dans une nouvelle ère, celle de l’anthropocène […]. Ce sont les activités humaines, énergies carbonées, agro-chimie, concentrations urbaines, manipulation du vivant, destruction de la diversité animale et végétale, chimie industrielle et transport... qui déterminent les évolutions de notre planète, du climat à la diversité des espèces, des sols aux océans.
Nous vivons un moment crucial de notre histoire : celui où pour la première fois, nous produisons le monde qui nous entoure, celui où nous, français, comme les autres habitants de la planète, là où ils vivent, devenons pleinement responsables de ces ressources. Elles seront ce que nous en faisons. Jamais dans l’histoire nous avons eu ce pouvoir. Nous sommes plus puissants que la plupart des forces naturelles pour façonner le monde. Jamais aussi notre pouvoir de destruction n’a été aussi grand.
Ce nouvel âge redéfinit la mission du gouvernement et de l’Etat. Une économie qui ne connaît que les chiffres, qui accorde une préférence absolue au présent et compte pour rien le long terme. Une croissance dont la mesure ignore la destruction des ressources et survalorise les flux de biens, de service et d’argent... ne peuvent être juges d’une action politique qui garantisse au français l’essentiel, c’est-à-dire la santé et la sécurité. »

Le « Colbertisme vert » : la question prise en main par la ligne « philippot »

Au fond, le passé mythique du collectif Nouvelle Ecologie ne remonte pas aux communautés paysannes anté-révolution industrielle mais aux 30 Glorieuses.

Le "colbertisme vert" du FN

La parenthèse Ozon, vite refermée

Passé par les Verts, fondateur de l’association « Nouvelle Ecologie » dans les années 90 (ici le terme « nouveau » fait écho à la « Nouvelle Droite »), directeur de la revue Le Recours aux Forêts. Il anime son association « Maison Commune » (depuis 2007) pour « définir et promouvoir les conditions de la survie culturelle, économique et politique des populations autochtones en France, en Europe et par association et partenariat, dans tous les pays du monde ». Il participe aux Assises des Identitaires (Orange, 2009) et influence leur campagne « localiste ». Nommé au bureau politique du FN (formation et écologie) par MLP en 2011, il est démissionné suite à ses commentaires sur l’affaire Brejvik sur tweeter (« Expliquer le drame d’Oslo : explosion de l’immigration : entre 1970 et 2009 »). Il lancera le mouvement de la REMIGRATION (qui vivote).

Sur sa conception localiste (sur TV liberté) :

« le localisme est complémentaire avec le logiciel souverainiste et protectionniste, c’est un souverainisme profond : une manière d’aborder le souverainisme, non pas du point de vue de l’Etat mais de la population et de permettre aux individus, aux familles, aux communes de se doter des moyens pour satisfaire leurs propres besoins aussi souvent que possible. C’est totalement incompatible avec la centralisation de la production énergétique (impliquée par le nucléaire), avec la libre circulation des biens et des personnes. »

Sa vision écologiste n’aura pas imprégnée en profondeur le FN mais rien n’indique qu’il n’en reste rien. En tout cas la conception localiste du FN est limitée aux frontières nationales (pas question d’Europe des peuples).

Voir le programme 2012 du FN, sur son « nouveau modèle économique de la France » :

« Produire au plus près, retraiter sur place. La relocalisation sur le territoire national des forces de production des entreprises, dans le cadre de la politique de réindustrialisation de la France, permettra une production au plus près des systèmes de distribution et des consommateurs. Associée à une valorisation forte du « achetons français », elle engendrera une baisse considérable des émissions de gaz à effet de serre, via une drastique réduction des circuits de transport au niveau international. »

 Grands axes thématiques

Aménagement, transport et urbanisme

  • Contre le « désaménagement » et les territoires abandonnés par les services publics ;
  • Procéder à une « démétropolisation » et « retrouver le triptyque commune-département-Etat » ;
  • « Assurer un service public du transport pour tous » et regrouper les structures issues de la SNCF : développement du fret, du ferroutage, lignes intercités, régionales...
  • Grands projets : laissons cela à l’Etat, ni aux régions, ni à l’Europe.

Communiqué de Presse de Florian Philippot, Vice-président du Front National

« L’annonce par le président du Conseil général du Tarn de la suspension des travaux du barrage de Sivens et sa volonté de « s’en remettre à l’Etat » confirment l’inaptitude des collectivités locales à mener, seules, de grands projets stratégiques.
Seul l’Etat dispose en effet du poids politique et de la légitimité nécessaires pour organiser, dans le sens de l’intérêt général, des grands travaux ou tout autre projet d’envergure touchant à l’aménagement du territoire et à son développement économique. Bien sûr les élus locaux doivent être associés mais ils ne doivent en aucun cas être les pilotes de tels projets. »

Opposition à l’aéroport de NNDL
Christian Bouchet (FN 44) :

« De tous temps le Front national de Loire-Atlantique a été hostile à celui-ci et s’est déclaré en faveur d’un moratoire sur les travaux et d’un référendum populaire local.
Si pour le Front national de Loire-Atlantique, les arguments classiques relevant de l’écologie sont à prendre en compte, ils doivent cependant être dépassés et il convient de refuser aussi cet aéroport car il entre dans un schéma politique précis, celui de la landérisation de l’Europe, à savoir la construction d’une super-région du Grand-Ouest dans le cadre européen et donc dans la destruction subséquente de la nation française.
Le Front national de Loire-Atlantique relève par ailleurs que l’affaire de Notre-Dame-des-Landes incarne parfaitement les compromissions et les rapports quasi-incestueux qui unissent le monde politique local et national (l’UMP, le PS et le PC sont pour l’aéroport et les Verts qui sont contre participent à une majorité qui est pour) et qui prouvent l’existence d’un bloc des partis du système qui n’ont rien à faire des souhaits et désirs réels des citoyens. »

Le FNJ 44 organise une action bâche et fumi depuis un pont, en juin 2016 : « avec Marine Le Pen, ni ZAD, ni aéroport ». Le FN 44 organise un colloque en octobre 2015, contre le projet (avec un membre de l’association Nexus, d’Angers qui se bat « pour empêcher la concentration des outils sur Nantes au détriment de tous. Dans le seul intérêt des particuliers et des acteurs économiques locaux »).

Agriculture, santé publique et alimentation :

  • élargir le principe de précaution (aux ondes électromagnétique, écrans, nanotechnologie...)
  • passer de la PAC à la PAF.
  • Constats lucides sur le productivisme, les conséquences sanitaires, la dégradation des sols, les faibles revenus…
  • préserver les pollinisateurs et la biodiversité : interdire les néonicotinoïdes ;
  • s’opposer « aux OGM dans nos importations comme dans nos assiettes »
  • Marion Maréchal Le Pen en a la lecture « Manif pour tous » (cf. interview dans Ressource, le « magazine azuréen du développement durable ») :

    « La défense de la biodiversité, c’est aussi la défense de la biodiversité humaine : les peuples et les identités. En tant que patriotes, nous défendons la polyphonie du monde, la diversité réelle – culture, traditions, couleurs, saveurs, accents – face au magma mondialiste difforme […]. La réflexion née autour du mouvement de défense de la famille : l’écologie humaine c’est refuser tout autant les OGM que la GPA. »

  • « Pousser l’agriculture biologique » :

    « En période de désertification rurale et de destruction d’emploi dans la ruralité, le bio représente un vivier d’emplois non délocalisables très important. Cohérent avec nos traditions et notre savoir-faire, il permet de plus d’apporter une qualité et une valeur ajouté plus importante que le modèle ultra-intensif allemand. »

  • Soutenir « l’élevage paysan » :
  • par le marquage des produits (taille de l’élevage indiqué)
  • 0 taxe sur les produits de l’élevage paysan français mais TVA à 20% sur l’élevage industriel français et étranger
  • financement à taux préférentiel pour transformer les élevages
  • Opposition au modèle FNSEA ?
  • Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Candidate à l’élection présidentielle, mars 2012 :

    « C’est avec plaisir que je me suis exprimée aujourd’hui devant les représentants et les élus de la FNSEA et des JA à Montpellier. Une occasion comme il n’y en a pas assez d’échanger avec des professionnels.
    « Emploi et formation », « économie et territoires », « défi alimentaire », « développement durable », « recherche et innovation » : les cinq thèmes abordés sont tous pour moi de réelles priorités. Comme j’ai pu l’expliquer, je ne compte pas, pour défendre ces priorités, parachever la Loi de modernisation de l’agriculture voulue par Nicolas Sarkozy et son ministre Bruno Le Maire. Je l’abrogerai pour instaurer un protectionnisme adapté aux défis que doivent relever les agriculteurs français.
    Je regrette, par contre, l’accueil qui a été réservé à mon intervention sur les OGM. Rappeler que Xavier Beulin, le président de la FNSEA, est l’un des plus fervents défenseurs des OGM ne plaît pas à tout le monde, pas plus que de dénoncer le lobbying intense de ceux qui veulent imposer ces OGM aux Français. Rappeler les responsabilités de Xavier Beulin à la tête de Sofiproteol, premier actionnaire des semenciers français, ne plaît pas non plus. Xavier Beulin se rêve en patron d’un Monsanto à la Française, mais n’aime pas qu’on le dise. Qu’importe, les huées ne m’empêcheront jamais de dire en face ce que les autres préfèrent taire. »

Sur les OGM, MLP répondait à la question de l’Usine nouvelle (avril 2012) : Faut-il écarter définitivement les OGM ?

« Ne pas interdire la recherche, notamment sur l’amélioration écologique de certaines espèces cultivées, mais la confier à des organismes spécialisés, placés sous contrôle gouvernemental et encadrés par un comité d’éthique. »

Eau : pas grand chose

  • fait un état des lieux (pollutions, assainissement, distribution, évoque les régies, les délégations de SP, la municipalisation) sans prendre position ni faire de propositions politiques.
  • A voir les positionnements locaux (fédérations départementales, élus…) hors cadre « collectif nouvelle écologie ».

Economie circulaire : rien d’original

  • dénonce obsolescence programmée et le « court-termisme ».
  • veut promouvoir un gaspillage minimal
  • Rien sur l’arrêt de productions inutiles...

Respect et protection de la faune et de la flore : « biodiversité, une richesse nationale »

  • Veut aborder le vivant de « manière dépassionnée », ni romantique, ni sentimentale, ni utilitariste... mais comment au final ?
  • « Protection du Vivant, oui, muséification... jamais »
  • La protection animale : c’est le collectif Belaud-Argos, présidé par Sophie Montel.

Contre la maltraitance et l’abandon des animaux de compagnie

  • Protection des animaux sauvages limitée aux espèces patrimoniales (éléphants, dauphins...)
  • Contre l’élevage industriel, pour le bien-être des animaux et pour l’obligation d’étourdissement avant abattage
  • promotion d’une chasse responsable et opposition à la chasse à courre
  • ne se prononce pas sur la corrida.

Le système énergétique : pour décarbonner les énergies, place au nucléaire

Le problème est avant-tout politique, mais dans un cadre national : chaque Etat à son rythme, sans conférences des parties (« COP »)

Philippe Murer :

« Toutes les solutions techniques pour se passer des énergies fossiles sont au point. Ce qui manque, c’est une volonté politique pour mettre en place ces solutions. »

Collectif Nouvelle Ecologie :

« En un mot, nous sommes favorables à l’international, littéralement « entre les nations » : que les nations se retrouvent pour passer des accords sur des points précis.
En revanche, nous sommes opposés aux mécanismes supranationaux, inefficaces et dangereux, ou les décisions et les actions sont imposées d’en haut aux nations et donc aux peuples. »

La question du climat n’est pas centrale.

Philippe Murer, 2014 présentation de son livre (pour realpolitik.tv) :

« Pourquoi faire la transition énergétique ? Le dérèglement climatique c’est une menace potentielle très importante. Ne sera-t-il pas trop tard le jour où nous serons sûrs à 100% qu’il y a un dérèglement climatique, pour modifier le cours des choses ? D’autre part, il y a un autre problème, le pic pétrolier, même si on ne croit pas au dérèglement climatique... le pétrole est présent en quantité finie sur la planète […]. La troisième raison est qu’on dépense 65 milliard d’euros pour acheter des énergies fossiles à l’extérieur. Si on arrive à la créer sur notre sol, chez nous, ça nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois. »

Réduire de 50% en 20 ans la consommation d’énergie fossile
  • Parler « d’énergie décarbonnée » permet de placer le nucléaire au cœur du système : fleuron français.
  • Ambitions limitées pour les énergies renouvelables qui « ne suffiront pas » (et les éoliennes risquent de défigurer la France, thème classique à l’ED).

Collectif Nouvelle Ecologie :

« Plutôt que du dogme indépassable du tout-énergies renouvelables, l’objectif le plus réaliste est de recouvrir 20 % nos besoins énergétiques »

Philippe Murer, au début de la discussion du projet de loi « transition énergétique » (octobre 2014)

« Le nucléaire existant offre une indépendance stratégique à la France, une énergie peu chère avec des installations déjà payées, une énergie sans carbone. Concentrons donc les efforts du pays sur les solutions pour se passer d’énergies fossiles et non sur la fermeture de nos centrales nucléaires ! »

Prudence sur le nucléaire les jours qui suivent un accident, enthousiasme le reste de l’année

Collectif Nouvelle Ecologie :

« L’énergie nucléaire représente plus de 75 % de l’électricité produite en France et sans dégagement de dioxyde de carbone. Elle doit être maintenue, et les surplus nocturnes de production d’électricité nucléaire, pour le moment vendus (notamment à la Suisse), seront utilisés pour produire de l’hydrogène afin d’alimenter des voitures à pile à combustible. Il ne faut pas s’interdire de construire quelques nouvelles centrales nucléaires d’appoint. À horizon 2030, selon l’état de la recherche sur les énergies, l’on devra décider de renouveler ou non le parc nucléaire français. »

Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National, septembre 2011 :

« L’accident qui a fait un mort et quatre blessés dans l’installation nucléaire Centraco, située près du site de Marcoule (Gard) illustre la dangerosité de cette énergie et la nécessitée d’envisager une sortie progressive et réfléchie du nucléaire.
Comme l’avait déjà demandé le Front National après la catastrophe du Fukushima au Japon, il appartient à l’Etat de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour sécuriser les 58 centrales nucléaires françaises et d’investir dans les recherches pour traiter les déchets nucléaires, recherches arrêtées sous la pression des Verts. »

Philippe Murer, octobre 2014 :

« Cette transition a deux objectifs majeurs : éviter les rejets de CO2 dans l’atmosphère afin de lutter contre les dérèglements climatiques et se passer à terme des énergies fossiles, de plus en plus chères, polluantes et dont les réserves sont finies.
Il est évidemment impossible de se passer à la fois du pétrole, du gaz, du charbon et de d’électricité nucléaire, qui représentent la majeure partie de l’énergie consommée en France. Un gouvernement responsable doit choisir son cheval de bataille [...].
Le nucléaire existant, dont les installations sont amorties, est de loin l’énergie la moins chère. S’en priver fera forcément grimper la facture d’électricité de tous les Français tout en rendant notre production d’énergie plus riche en carbone. On est donc en complète contradiction avec les souhaits de Ségolène Royal de limiter les émissions de CO2 et de s’attaquer à la précarité énergétique des Français les plus démunis. »

Explication de vote contre la loi « transition énergétique »par les députés Marion Maréchal Le Pen (FN) et Gilbert Collard (RBM), mai 2015)

« La filière française du nucléaire est une référence pour sa sûreté, la formation des ses experts et le respect des engagements environnementaux auxquels a souscrit la France […]. La politique du « tout énergie renouvelable » conduit à sanctuariser le système éolien : un système anti-économique qui défigure les paysages et favorise la multiplication des conflits d’intérêts. »

Un service public de l’énergie ou un service public du nucléaire ?

Philippe Murer, octobre 2014 :

« Le secteur nucléaire français n’a pas eu à souffrir d’accidents majeurs depuis 40 ans, il est impératif que cela continue. Pour minimiser les risques, il n’y a qu’une solution, de bon sens : que la sécurité passe avant la rentabilité, qu’EDF redevienne une entreprise publique, une entreprise guidée par la sécurité de ses installations et non par la hausse de ses dividendes et de son cours de bourse. Mais, Bruxelles l’interdit à la France : du coup, l’UMPS et Europe Ecologie les Verts s’accommodent de cette dangereuse situation. »

Communiqué de presse du Collectif Nouvelle Ecologie (février 2016) :

« Il est en revanche nécessaire qu’EDF redevienne une entreprise 100% publique, avec pour objectif principal la sécurité des centrales. En effet, la rentabilité à tout prix est en contradiction avec l’objectif de sécurité publique. De nombreux reportages ont montré que le recours à la sous-traitance et l’objectif de minimisation des coûts d’entretien et de réparation des centrales nucléaires multiplient les risques d’incidents nucléaires et augmentent fortement les probabilités d’accident.
Pour ces raisons, le Collectif Nouvelle Ecologie est très favorable à un EDF 100% public, totalement investi dans sa mission de service public et de sécurité des centrales nucléaires. Un programme d’investissement massif vers les énergies renouvelables est par ailleurs nécessaire pour que la France réalise sa transition énergétique à un coût raisonnable. »

Un mix énergétique sans gaz de schistes mais avec du gaz de houille ?

Communiqué du Collectif Nouvelle Ecologie : février 2015 Le scandale californien nous renforce dans notre opposition résolue au gaz de schiste

« Dans l’état actuel des technologies, le Front national s’oppose fermement à toute exploitation du gaz de schiste sur le territoire national. En plus de défigurer nos paysages, cette technique s’accompagnerait de la pollution irréversible du sol français. »

Communiqué de presse de Florian Philippot, janvier 2013 : L’ensemble des acteurs publics doivent miser sur le gaz de houille pour la renaissance de la Moselle !

« Les acteurs publics, notamment l’Etat, les communes et les intercommunalités, doivent unir leurs forces pour accélérer les recherches relatives au gaz de houille en Moselle. Les explorations menées par la société European Gas Limited dans le sous-sol mosellan sont en effet extrêmement encourageantes, laissant supposer l’existence d’une ressource importante et inexploitée de gaz de houille.
Forte d’une tradition minière et industrielle incontestable, la Moselle , et en particulier l’Est du département, a toutes les raisons de miser sur ce qui pourrait être l’un des éléments de sa renaissance et du retour de l’emploi. Dans le sillage de l’exploitation du gaz de houille, c’est toute une filière industrielle qui pourrait renaître dans notre région.
Sous la houlette d’un Etat stratège fer de lance de la réindustrialisation, Florian Philippot propose la mise en synergie de tous les acteurs publics au service de cette cause. Les principales communes du bassin houiller doivent se montrer beaucoup plus énergiques sur ce dossier et en faire l’une de leurs priorités les plus impérieuses, en faisant fi des querelles politiciennes. »

Marine Le Pen invité en décembre 2012 sur Canal Plus, à propos des gaz de schiste :

« L’exploitation en l’état m’apparaît ne pas être entourée d’assez de sécurité mais l’exploration doit pouvoir être faite [...]. Entre mes déclarations pendant la campagne et aujourd’hui, beaucoup de progrès ont été faits sur les gaz de schiste. La fracturation hydraulique, qui pose d’énormes problèmes écologiques, est, semble-t-il, sur le point d’être remplacée par la fracturation pneumatique. Et les erreurs commises par les Américains nous servent à ne pas commettre les mêmes, notamment l’exploitation éventuelle à côté de nappes phréatiques. »

Garder la voiture grâce à la pile à combustion

- Parle d’urbanisme et d’étalement urbain sans faire le lien avec le modèle propriété de la maison-voiture individuelle-lieu de travail.
Eric Dillies, conseiller régional Nord-Pas-de-Calais, décrit la journée-type sous un gouvernement FN :

« Avant de partir au travail, on conduit les enfants à l’école. Déjà, rien que le plein d’essence sera moins cher car on aura baissé la TIPP (Taxe d’importation sur les produits pétroliers) puisqu’une société nationale exploitera notre pétrole.
En plus, quand on prendra la route, il n’y aura pas trois quarts d’heure de bouchons car on en aura construit de nouvelles. On arrêtera d’emmerder les automobilistes : on supprimera les « flashgordon ». On n’est plus au Moyen-Âge où le seigneur faisait payer les passants qui voulaient traverser la rivière. »

Sur la transition énergétique

- Le principe d’économie d’énergie est absent, simplement évoqué pour le bâtiment.
- Sur le logement, proposition d’un dispositif d’aide (« éco-prêt à taux zéro ») qui existe déjà et ne marche pas super…

« Pour nous, l’isolation des bâtiments est une grande cause nationale, qui nécessite un grand plan, au service de l’efficacité énergétique des bâtiments pour les particuliers, entreprises, administrations et collectivités. En isolant tous ces logements, en mettant des pompes à chaleur dans ceux qui ne s’y prêtent pas, il sera possible d’économiser 25 % de la consommation française d’énergie. Cela coûtera 20 milliards d’euros par an d’investissements pendant vingt ans. Les ménages, les entreprises, les collectivités locales et les administrations bénéficieront alors de prêts fléchés à 0 %, à vingt ans, grâce à la Banque de France pour isoler les bâtiments avec un coût zéro. Alors, les économies d’énergies paieront le remboursement de l’isolation. Tous les travaux d’isolation seront éligibles à ce financement. Il existera toutefois un garde-fou : un montant maximal de travaux de 300 euros par mètre carré si plus de 80 % du prix des produits utilisés est fabriqué en France. »

Qui anime le collectif ?

  • Philippe MURER est le président du Collectif Nouvelle Ecologie. Ancien sympathisant du Parti socialiste, il animera le « Forum démocratique », un cercle de réflexion inactif aujourd’hui, avec Jean-Luc Schaffhauser et Pierre-Yves Rougeyron :
  • Issu de la fonction publique, Jean-Luc Schaffhauser devient consultant indépendant. A ce titre, il est chargé, en 2004 par le gouvernement français, du dialogue franco-russe sur l’efficacité énergétique. En Russie, il est aussi Consultant pour Dassault et Total. Jean-Luc Schaffhauser a participé à la création du Mouvemement d’écologie politique (MEP), à la fin des années 70. Il est influencé par le personnalisme de Rougemont. Il sera attaché parlementaire du centriste Rudloff au conseil régional d’Alsace, chargé des politiques d’énergie et d’environnement. En 2014, il conduit la liste Strasbourg Bleu Marine puis est élu au parlement européen de 2014, où il siège notamment dans la commission Industrie Recherche Energie. Sans être adhérent au FN, il est aujourd’hui « l’agent russe » de Marine Le Pen.
  • Pierre-Yves Rougeyron est le président du « Cercle Aristote ». Issu « d’une tradition jacobine », il est cependant assez proche d’Egalité & Réconciliation. Il est aujourd’hui assistant parlementaire de Schaffhauser au parlement européen.
  • Avec Jacques Sapir, Murer cosigne un texte sur les « scénarii de la dissolution de l’euro » pour Res Publica (Jean-Pierre Chevènement). Tous deux entretiennent aussi de bonnes relations avec Dupont-Aignan. Marine Le Pen attire Murer au RBM pour travailler sur la sortie de l’euro. Philippe Murer est son assistant parlementaire dans l’organigramme 2015 du FN. Il est l’auteur de « La transition énergétique : une énergie moins chère, un million d’emplois créés » (Fayard). Son principe : l’Etat et un service public de l’énergie pourraient investir massivement dans les énergies renouvelables s’ils peuvent emprunter de grosses sommes auprès de la Banque de France, ce qui nécessite la sortie de l’euro.
  • Eric RICHERMOZ est le secrétaire général du collectif. Il sort d’études de commerce (IESEG à Lille et Université de Lomonosov, à Moscou). Parmi ses stages, il sera assistant à la direction commerciale et marketing d’Areva (3 mois en 2011)... Entré au FN en 2013, à 20 ans, il est élu à la région Picardie-Nord Pas-de-Calais en 2015 sur la liste de la Somme. Il est assistant parlementaire de Sophie Montel au parlement européen et chargé de mission au Pôle société civile au sein de la vice-présidence à la stratégie et à la communication (dans l’organigramme 2015 du FN). En 2016, il est désigné secrétaire départemental du FN 80 : un pur produit « Philippot ».
  • Gauthier BOUCHET est le secrétaire général adjoint. Il est d’abord connu pour son investissement dans le monde du jeu (organisateur Pokémon). Il adhère au FN en 2007 (à 19 ans). Son père, le nationaliste-révolutionnaire Christian Bouchet passé par Troisième voie, Unité radicale et le MNR, le rejoint quelques mois après, sur les conseils d’Alain Soral. En 2010, Gauthier Bouchet devient secrétaire régional adjoint du FNJ et responsable du pôle internet. En 2011, il fait un voyage touristique en Syrie (il traîne encore sur le net sa photo posée devant le portrait de Bachar El Assad). Il est élu à Saint-Nazaire en 2014 et s’indigne contre le refus de vente à la Russie des BPC Mistral, qui font « travailler 800 ouvriers nazairiens et des milliers de personnes dans la sous-traitance ». Gauthier Bouchet intervient à ce sujet à un rassemblement du collectif France-Donbass (rouge-brun) pour défendre « trois positions de pragmatisme, de pur bon sens : la nécessité, premièrement de protéger notre industrie nationale […]. La nécessité de libérer notre commerce international de toutes les entraves qui lui sont faites en commerçant avec la Russie, si ça nous chante [...]. La nécessité de faire demain la véritable amitié entre les peuples... pas l’amitié de la diversité « Benetton » mais l’amitié des coopérations industrielles des nations et en premier lieu entre la France et la Russie […], sœur de culture et de civilisation […] Vive la France, vive la Russie et gloire aux combattants du Donbass ! ».
Les sections locales :
  • le Nord : Sylvie GODDYN et Baubaccar HADARA
  • la Loire Atlantique : Gauthier BOUCHET et Georges VERDIER
  • l’Indre-et-Loir : Pascal PLAZA et Gilles GODEFROY
  • le Lot : Virginie CASTAGNOL
  • le Tarn : Jean-Louis BLAVIER
  • les Pyrénées Atlantiques : Joseph DAMOUR et Mathieu CARNEIRO
  • le Vaucluse : Tanguy VERNAY
  • l’Aude
  • les Bouches du Rhône : Alexia GERONIMO et Rémi SARNET
  • le Gard : Julien GELLY et Viviane TISSEUR
  • le Var : Pierre MATHIEU
  • les Haut et Bas-Rhin : Sylvain MARCELLI
  • Plusieurs pages FB sont créées, assez peu actives, mis à part celles du Lot et du Tarn.

Les collectifs locales organisent quelques réunions publiques de lancement (dont une tournée organisée en octobre : Amiens, Tours, Marseille, Nantes, Strasbourg).

La section des Bouches-du-Rhône organise régulièrement des nettoyages-ramassage de détritus : sur un terrain vague (à Marseille ?), en bord de mer, une ruisseau, la plage... et se greffe à une opération de nettoyage du Vieux-Port par la fédération des sociétés nautiques. Elle prend aussi position contre Alteo et ses boues rouges.

La section de Nantes organise aussi régulièrement des réunions.

 La question du climat

Un FN plutôt sceptique

Bruno Gollnisch, 2 décembre 2015 :

« Nous l’avons déjà, dit, les dogmes du GIEC qui impute à la seule activité humaine le réchauffement climatique, sont remis en question, en tout ou partie, par une large fraction de la communauté scientifique qui a peu, ou très rarement, accès à la parole médiatique […]. Ce qui est pour le coup certain et ne souffre pas de remise en cause, c’est que ce sont, ces dernières décennies, l’explosion démographique, l’extension aux pays émergents des modes de consommation et de développement propres jusqu’alors aux pays occidentaux, qui ont fortement impacté les équilibres environnementaux. »

Thibaut de La Tocnaye (conseiller Régional PACA, membre du Bureau politique du FN, délégué national à la Formation, vice-président de Chrétienté Solidarité) est actuellement conseiller de Marine Le Pen à la réindustrialisation.

En janvier 2010, il invite dans son Libre Journal sur Radio Courtoisie Camille Veyres, « ingénieur des Mines » et André Louchet « géographe, professeur de la Sorbonne », pour annoncer le colloque organisé par le Conseil scientifique du FN : « Réchauffement climatique, mythe ou réalité ? », avec :
Hugues PETIT (président du conseil scientifique pour l’introduction) ; Thibaut de LA TOCNAYE, himself (pour parler du CO2, en tant que centralien) ; Camille VEYRES (« le réchauffement climatique, comment le mesure-t-on et quelles en seraient les causes ? » en tant que polytechnicien et ingénieur des mines) ; André LOUCHET (« Jacques PAGANEL », géographe à la Sorbonne, sur l’analyse des conséquences du réchauffement) ; J-P BESANCENOT (directeur du département Santé et Climat de la faculté de médecine de Dijon) ; Serge LAROZE (ingénieur sup-aéro sur l’après-pétrole), ; Marine LEPEN (à propos de l’échec de Copenhague) ; Bruno GOLLNISH (sur les origines idéologiques de la thèse du Réchauffement). La conclusion était donnée par JMLP.

En décembre 2015, il récidive en invitant de nouveau Veyres comme « expert scientifique sur le climat » avec Rémy Prud’homme. Son libre journal traite notamment de la COP 21, « grande messe du réchauffisme ». De la Tocnaye annonce ainsi son émission :

« Nous avions organisé un colloque précurseur, avec Camille Veyres, il y a cinq ans mon cher Camille, où nous avions posé la question carrément : l’Homme est-il responsable du fameux réchauffement climatique. Aujourd’hui, heureusement, un certain nombre d’esprits libres continuent de s’exprimer et je ne peux m’empêcher de penser à Philippe Verdier, le responsable de météo, euh France [SIC]... »

Tocnaye analyse le « réchauffement climatique » comme une pseudo-religion avec une teinte de tiers-mondisme qui favorise l’apparition des « fameux réfugiés climatiques pour culpabiliser l’Homme industriel occidental ». Sur son blog, en décembre 2015, il écrit :

« Malignité encore et toujours : au moment où la grand messe de la COP 21, non dénuée d’arrières pensées mondialistes, bat son plein, le matraquage fiscal enrobé de justifications « environnementales » se poursuit. »

La COP de Copenhague et la logique de « taxe carbone » sera l’occasion pour le FN de s’insurger contre le « matraquage fiscal » et « l’idéologie fiscaliste du GIEC ». Plusieurs élus régionaux du FN s’expriment en ce sens (France Jamet, Jacques Colombier, Joël Cheval...).

Radio Courtoisie, porte-voix des climato-sceptiques

Quelques groupes organisent le paysage climato-sceptique français, autour de la société de calcul mathématique (Beauzamy), de l’association française des climato-optimistes de (Gérondeau) et du Club des groniarts (Veyres, Bardinet). Les ingénieurs à la retraite ont du temps libre : ce sont les experts scientifiques, anciens des Mines, des Ponts, de Polytechnique, pour certains membres de l’Amicale des foreurs et des métiers du pétrole... Le Club des climato-réalistes regroupe tout ce petit monde, en lien étroit avec le milieu libertarien et ultra-libéral (notamment l’Institut Turgot, Henri Lepage et Drieu Godefridi). Ces différents groupes organiseront une contre-COP début décembre 2015.

La mouvance « libéral-conservatrice » fait le lien avec l’extrême-droite. Le Club de l’Horloge (depuis 2015, Carrefour de l’Horloge) décernera le « prix Lyssenko 2010 » à Jean Jouzel et Nicolas Hulot. Dans son discours, son président, Henry de Lesquen, cite Gérondeau, comme une référence. De Lesquen est président de Radio Courtoisie. Christian Gérondeau, Camille Veyres et Bernard Beauzamy sont les interlocuteurs favoris de Radio Courtoisie pour parler d’énergie et de « la mystification du réchauffement climatique ».
NB : Aujourd’hui, beaucoup d’anciens « patrons d’émissions », dont de la Tocnaye, ont pris leurs distances vis-à-vis des positions ultra-caricaturales de de Lesquen.

Le réchauffement climatique à l’extrême-droite

Sauf dans les courants catholiques (issus de la Manif pour tous ou autour de Patrice de Plunkett), l’extrême-droite dans sa globalité refuse l’idée :

  • des doutes sur la responsabilité humaine
  • une idéologie pour imposer un nouvel ordre mondial, nouvelle arme du mondialisme
  • un moyen pour plus nous taxer
  • une propagande pour faire diversion
  • Le problème est surtout que la question se pose à l’échelle internationale. Difficile à accepter et même à concevoir.

La position de Laurent Ozon est éclairante à ce sujet (entretien avec Martin Peltier sur Radio Courtoisie) :

« L’effet COP 21 et l’effet « hystérie climatique » (c’est un peu excessif mais on peut parler de cela dans certains cas), c’est d’avoir vampirisé les problématiques écologiques : ça devient le centre des problématiques écologiques, alors qu’il y en a énormément d’autres. Et simultanément, comme si la crise écologique se réduisait à une problématique climatique, ce qui n’est évidemment pas le cas... elle a en même temps pour effet de planétariser cette problématique et donc de pousser les opinions publiques à penser que les solutions se jouent à l’échelle planétaire... vous voyez où je veux en venir […].
On voit ce qui se profile derrière... c’est la mise en place d’une diplomatie d’ingérence à prétention climatique et écologique qui permettra demain d’intervenir, d’exercer sa puissance « collective », entre guillemets, sur les Etats récalcitrants ou sur des groupes … et ça pourrait être d’autant plus dur que l’enjeu est présenté comme vital et urgent... »

Le Collectif Nouvelle Ecologie ne remet pas en cause l’origine anthropique du changement climatique. Il n’hésite pas à employer le terme de « réchauffement climatique » et à indiquer que le CO2 est le principal gaz à effet de serre. Mais il évacue la question de l’urgence. Surtout il recentre sur le rôle de la Nation en refusant la logique « conférence des parties » (COP).

Communiqué de presse, février 2015.

« Au Collectif Nouvelle Écologie, nous sommes pragmatiques et remarquons, comme tous les Français, que les grandes conférences mondiales sur le climat n’ont même pas dégagé de pistes claires pour réaliser la transition énergétique. Nous en sommes pourtant à la 21ème conférence. La négociation internationale, « entre les Nations », a du sens mais ne doit pas servir de prétexte aux États pour fuir leurs responsabilités nationales et souveraines.
Attendre notre salut de décisions supranationales, « au-dessus des Nations », mène à la paralysie car seules les Nations ont la légitimité et les moyens d’actions pour mettre en place de grands changements de modèle énergétique. Il ne faut pas attendre l’accord de nos partenaires chinois, américains ou indiens pour mettre en place la transition énergétique mais, au contraire, reprendre notre destin en main !
Nous constatons aussi que le modèle ultralibéral et libre-échangiste empêche l’émergence d’une culture du durable à l’opposé de la culture du jetable, de produits fabriqués à des dizaines de milliers de kilomètres dans des pays ayant peu ou pas de norme environnementale. »

Enfin, il refuse les conséquences sur les migrations humaines :

« Il y a, dans la vision écologiste des choses, un fantasme à dessein, celui des réfugiés climatiques entraînant – et justifiant moralement – l’immigration de masse dans les décennies à venir. Voilà, à l’usage des puissants contre les Nations qui par esprit de déclin abandonnent le politique, France en tête, un motif imparable, qui taxe celui qui le conteste de raciste sans compassion. »

Voir en ligne : Tant qu’il le faudra : FN & écologie [partie 1/2]

P.-S.

Ce texte issu d’un travail commun des commissions Antifasciste et Ecologie du NPA, a été initialement publié en février 2017 sur "Tant qu’il le faudra" (blog le la commission antifaciste) en deux parties :

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Mis à jour le mercredi 31 mai 2017