Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Poutou 2017 > Questionnaires et réponses > Poutou2017. Réponses aux 11 demandes de la section bio de la Coordination (...)

Poutou2017. Réponses aux 11 demandes de la section bio de la Coordination rurale

En préambule, nous tenons à souligner que le NPA souhaite le passage de toute l’agriculture au bio. Nous pensons que l’état de notre environnement et le réchauffement climatique en cours ne permettent pas de procrastiner et que des mesures radicales doivent être prises, tout en tenant compte des spécificités propres à chaque production agricole. Ainsi, la conversion peut être effectuée plus rapidement en maraîchage qu’en arboriculture.

 Redonner de la rentabilité aux productions bio

Nous pensons que les paysans doivent vivre du fruit de leurs productions. Nous comptons favoriser les circuits courts et mettre au pas l’agroindustrie, l’agroalimentaire et la grande distribution.

 Harmonisation du financement

En l’état actuel de l’organisation des chambres d’agriculture nous sommes défavorables à ce qu’elles prennent en charge l’organisation et le développement de l’agriculture biologique, en particulier du fait de la mainmise du syndicat majoritaire sur la plupart des chambres. De plus, les GAB ont su mettre en place un système qui repose plus sur la coopération entre agriculteurs, sur le partage et l’échange.

Nous pensons que la PAC doit être réformée en profondeur, que les paysans ont besoin de visibilité sur les aides auxquelles ils peuvent prétendre, que les aides doivent être plafonnées, en hectare ou en nombre de têtes de bétail.

À terme, quand toutes les exploitations seront converties, nous ne sommes pas favorables à des aides au maintien en bio. Mais en attendant, nous pensons que les exploitations en bio souffrent d’un désavantage par rapport aux autres exploitations dont la collectivité assume les coûts sanitaires et environnementaux.

 Aider à la conversion

Il est difficile de répondre de manière générale à cette question car chaque secteur agricole a ses propres spécificités. Les besoins en matériel ne sont pas les mêmes selon les productions, et les besoins auxquels vous semblez vous référer sont sans doute plus importants pour les grandes cultures.

Il faut aussi que la recherche publique travaille sur de nouveaux équipements adaptés à la culture bio, fiables, utilisables sur de relativement petites surfaces.

 Permettre aux agriculteurs de ressemer une partie de leur récolte de quelque espèce qu’elle soit et sans payer de redevance

Nous soutenons totalement cette demande. Nous sommes totalement opposés à l’accaparement du vivant que ce soit par le biais de brevets, royalties ou autres copyrights. Les semences doivent être libres de droit. Les paysans doivent être encouragés à semer leur propres semences et à sélectionner des variétés adaptées à leur terroir.

 Rendre enfin possibles les circuits courts

Nous sommes tout à fait favorables aux circuits courts. Mais nous n’en avons pas exactement la même définition : pour nous, il s’agit de vente du producteur directement au consommateur ou restaurant collectif.

En ce qui concerne l’approvisionnement des éleveurs en grains auprès des céréaliers, nous n’y sommes pas favorables sauf s’ils se trouvent à proximité (quelques kilomètres). Globalement nous souhaitons que les élevages soient autonomes au niveau alimentaire et sommes totalement opposés aux élevages hors-sol.

 Limiter les distorsions de concurrence

Nous pensons que le label bio n’est pas suffisant : nous pensons qu’il faut aussi prendre en compte les conditions de travail des ouvriers agricoles. Nous sommes donc opposés à ce que des productions qui dépendent de l’emploi de quasi-esclaves puissent être commercialisées comme bio. Il est bien évident qu’avant de défendre le bien-être animal nous défendons le bien-être des salariés de l’agroalimentaire (ouvriers agricoles, mais aussi travailleurs des abattoirs ou des coopératives agricoles) et des paysans. Nous sommes aussi opposés au transport de denrées alimentaires d’un continent à l’autre.

 Appuyer le développement de filières au niveau local. Objectif complémentaire : l’emploi !

Nous pensons que des centaines de milliers d’emplois pourraient être créés dans l’agriculture et ses métiers annexes. Dans la mesure du possible, les territoires doivent tendre vers l’autonomie alimentaire au plus proche des consommateurs.

Nous pensons que l’agriculture n’est pas uniquement une question d’agriculteurs. L’agriculture a aussi une utilité sociale et environnementale et les consommateurs et les populations doivent pouvoir participer à la réflexion et aux décisions car nous sommes ce que nous mangeons.

 Recherche et développement

Pour atteindre notre objectif d’une agriculture sans intrants chimiques, nous réorienterons totalement la recherche publique dans ce sens.

 Appuyer et développer la formation professionnelle

Comme pour la recherche, nous souhaitons réorienter la formation vers une agriculture non dépendante de la chimie.

 Instaurer des synergies entre bio et conventionnel

Nous ne partageons pas votre point de vue entre les synergies possibles entre agriculture dite conventionnelle et bio. L’agronomie n’est pas une science « neutre ». Nous ne voyons pas comment elle permettrait d’établir un pont entre des pratiques qui détruisent la vie du sol et la biodiversité et des pratiques qui au contraire essaient de rétablir la vie du sol et maintenir de la biodiversité.

Selon les objectifs et les contraintes que l’on donne aux agronomes, les solutions trouvées vont être complètement différentes. Nous ne souhaitons pas maximiser les productions pendant un nombre limité d’années et ce quelles que soient les conséquences environnementales. Nous souhaitons au contraire un système agricole pérenne qui préserve l’environnement tout en fournissant aux populations des produits alimentaires bons et de qualité.

 Pluralisme syndical au sein de l’Inao

La question du pluralisme syndical agricole est loin de se limiter à l’Inao.

Nous sommes favorables à ce que tous les syndicats agricoles soient présents dans toutes les instances qui ont trait à l’agriculture. Et nous souhaitons aussi que les consommateurs et les habitants soient représentés.

Répondre à cet article

SPIP 3.1.4 [23444] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le mercredi 31 mai 2017